Rencontre

Lundi

18 mars

18h > 22h

Queer Week

Décoloniser le cinéma : (Dé)Construire les représentations des queers of colour

Société LGBTQIA+

Alors que le cinéma des grands circuits se suffit dans des représentations stéréotypées, schématiques et stigmatisantes, poursuivant l'histoire d'un colonialisme exotisant, se tracent les voies de nouveaux discours. Il est des lieux où les voix se réaffirment et s'entendent. Des lieux où les langages se réinventent et portent l'écho de leurs voix. Se construisent des espaces où les corps sont réappropriés, à leur propre image, de soi, au-delà et au regard de tous.te.s. Comment aujourd'hui composer avec les moyens dont nous disposons pour créer et déployer ces images plurielles ?  La conférence et le débat sont en langue française, et les films en VF ou version originale sous-titrée français.

Programme :

 

■ 18h - 18h10 : Accueil 

 

■ 18h10 - 18h50 : Projection

La machine avalée, Stéphane Gérard, 2015, France, 15’

« Voilà l’histoire d’une machine qui ne se nomme pas elle-même et produit des images qui peuvent rendre malade, qui donnent la nausée. Avalée par certains puissants, faiseurs de médias et distributeurs de culture, elle reproduit ses stéréotypes auprès de générations de nouveau regards. Mais tous ne sont pas égaux devant ces images. Les jeunes noirs de France n’y trouvent pas les réponses à leurs questions. A force de cacher leur reflet dans le grand miroir culturel, cette machine avalée nourrit notre colère. Finirait-elle par travailler à sa propre perte ? »

 

■ 18h50 - 19h30 : Présentation des intervenant.e.s 

 

■ 19h30 - 21h : Projection

 

About Face: The Evolution Of A Black Producer, Thomas Allen Harris, 2017, Etats-Unis, 8'

A New York, dans les années 80, en pleine épidémie de SIDA, un jeune producteur noir, ouvertement gay, se bat pour diffuser des informations sur la crise  à l’écran.

Thomas Allen Harris, soutenu par des activistes en Afrique de l’Est et dans le Bronx, a produit une série de programmes télévisuels autour du VIH qui ont permis de mettre au coeur du débat public des gens qui étaient auparavant ignorés par les médias mainstream.

Malgré le succès des émissions qui a permis de rompre le silence autour de l’épidémie de SIDA, le retour qu’Harris a reçu des dirigeants de la chaîne et les contraintes imposées par les médias grands publics ont finalement poussé l'artiste à suspendre son travail pour la  télévision.

28 ans plus tard, Harris refait surface en puisant dans ces cassettes et dans un essai qu'il avait écrit à l'époque : “About Face: The Evolution of a Black Producer".

 

 

Shakedown, Leilah Weintraub, 2017, Etats-Unis, 82’

Dans Shakedown, Leilah Weinraub s’attache aux relations entre les danseuses d’un sulfureux club de strip-tease fièrement revendiqué lesbien et afro-américain. Le documentaire suit Ronnie-Ron, l’exploitante et la maîtresse de cérémonie, Mahogany, la mère légendaire de cette "scène", Egypt, l’étoile de la piste de danse et Jazmine, l’inimitable Shakedown-Queen. La réalisatrice a réussi à saisir un moment unique pour en faire un film fascinant, loin du film expérimental arty ou du documentaire anthropologique sur les performances de femmes lesbiennes et Noires de L.A. Shakedown est un portrait onirique d’un club de strip-tease underground créé à Los Angeles par et pour les lesbiennes afro-américaines.

 


 

■ 21h - 22h : Discussion

Avec l’intervention de :

Cinewax : Depuis 2015, l'association Cinewax fait la promotion des cinémas africains. Nous organisons des festivals, avant-premières, collaborations, et nous travaillons avec une réseau de salles de cinéma partenaires.

https://www.facebook.com/Cinecinewax/


Stéphane Gérard étudie l’histoire du cinéma et les archives audiovisuelles à l’université, sous la direction entre autres de Nicole Brenez. Il y réalise ses premières expérimentations vidéos, intéressé par le montage et le détournement des images dominantes. Tout en continuant à faire des vidéos, il est curateur junior de Human Frames (2011), une exposition d’art vidéo internationale, travaille ponctuellement pour le festival Cinéma du Réel, milite au sein de groupes politiques et participe à un groupe de recherche universitaire autour de l’articulation entre cinéma, théâtre et émancipation.

 

 

Photo extraite du film "Shakedown" (USA, 2018).