Rencontre

Dimanche

9 décembre

15h > 23h

PoP Moves

Mémoire, Migration et Danses Populaires

Mémoire Hip Hop

À l'heure des flux globaux exponentiels, la régulation des (im)mobilités, la (re)production des frontières et les politiques d’hospitalité et d’exclusion sont au cœur des débats publics, politiques, médiatiques et savants. Les (im)mobilités rendent manifestes les intersections de pouvoir, de capital et de privilège mais laissent aussi des traces dans les corps, les esprits, les pratiques et les espaces. PoP Moves, un réseau international de recherche sur les danses et performances populaires, s’installe à La Colonie pour examiner les relations entre mémoire, migration et danses populaires. Il y a d’abord un temps de conversations, ouvert à tous, modéré par Laura Steil, anthropologue urbaine, et Sisa Calapi, ethnomusicologue. Des danseurs/seuses dit(e)s « populaires » (hip-hop, afro, waacking, voguing, kizomba, semba, house, n'dombolo) s’exprimeront ensuite autour d’une table ronde sur la façon dont la migration, la mémoire et le mouvement s’entrecroisent dans leurs pratiques et façonnent leurs trajectoires : Afouz « Regulate » Olongo, Anaïs Imbert-Clery, Clark Donovan, Fabrice « Pika » Taraud, Jin Kash, Michel « Meech » Onomo, Nadia « Nadeeya » Gabrieli Kalati, Raïssa Leï et Youri Comuce. Enfin, à partir de 19h, le créateur d’ambiance DJ Prophet nous fera danser sur ses « pépites émincées ».

 

PROGRAMME

 

◼︎ 15h - 17h :  Conversations modérées : Comprendre/étudier les relations entre danses populaires, mémoire et migration


Ces conversations, modérées par Sisa Calapi, ethnomusicologue, et Laura Steil, anthropologue urbaine, sont organisées autour d'une série de questions en lien avec la thématique du colloque PoP Moves 2018 : mémoire, migration et mouvement. Il y a d'abord deux temps de conversation en petits groupes. Dans un premier temps, chaque groupe travaille sur une question spécifique, choisie parmi/retravaillée à partir des questions proposées. Les groupes se défont ensuite pour se réorganiser de manière à rassembler des individus ayant tous travaillé sur une question différente. Chacun rapporte à son nouveau groupe les points principaux tirés de la conversation précédente. Une nouvelle conversation émerge de ce partage et donne lieu à la confection d'une "carte mentale" collective. Un dernier moment est consacré à une conversation de tout le groupe, où les participants peuvent partager leurs perspectives mieux informées ou les questions qui demeurent, qu’ils pourront mobiliser dans la table ronde qui suit après l’atelier.


‣ Sisa Calapi est doctorante en ethnomusicologie et en anthropologie de la danse à l’université de Paris Nanterre. Elle travaille sur les pratiques musicales, dansées et rituelles des populations autochtones kichwa, dans les Andes équatoriennes. Elle est documentaliste au Centre de Recherche en Ethnomusicologie (CREM) et intervenante éducative au sein de l’association Cerise du quartier Chemin-de-l’Ile à Nanterre.


Laura Steil, anthropologue urbaine, s’intéresse aux danses populaires, aux intersections entre espaces et publics, et aux dynamiques culturelles des villes globales. Elle vit entre les États-Unis, où elle enseigne l’anthropologie à la School for International Training, et l’Europe, où elle continue ses recherches, et travaille avec des médias spécialisés et des danseurs hip-hop. Elle est la coordinatrice de la branche francophone de PoP Moves.

 

◼︎  17h - 19h : Table ronde, perspectives croisées de danseurs populaires

Avec :

‣Afouz « Regulate » Olongo, d’abord danseur afro, est graduellement passé du côté du management et de l’évènementiel, ce qui le fait voyager pour la première fois en République du Congo, son pays d’origine. Avec son association, Kimia&co, il organise à partir de 2009 un talent show célébrant le brassage culturel et réunissant de nombreux danseurs. Cette année à sa 7ème édition, le Melting Crew est devenu le plus important évènement de danse afro en région parisienne.

Anaïs Imbert-Clery a commencé à danser à 12 ans, d’abord les danses dites « populaires » (hip-hop, floorwork et hype) en MJC, ensuite celles dites « académiques » (classique, contemporain et jazz) en  parcours sport-études et à l’Académie Internationale de Danse où elle se forme également en chant et en théâtre. C’est par la suite qu’elle rencontre la house danse. Elle pratique la danse en compétition et se produit à travers le monde avec Paradox-sal fondé par Babson (Ousmane Sy).


Clark Donovan danse dès son plus jeune âge, s’inspirant d’artistes variés, de Michael Jackson à Charlie Chaplin, et se met à composer et à chanter à 13 ans. Il développe un style de musique et de danse urbains traversé d’influences de son pays d'origine, la République Démocratique du Congo. Signé sur le label indépendant Paradiz Music, il collabore régulièrement avec des musiciens en live, les Masqués.


Danseur hip-hop autodidacte depuis « l’époque de Chatelet les Halles », Fabrice « Pika » Taraud a travaillé avec diverses compagnies de danse et de théâtre de rue (Pernette, Articulation, Emmanuelle Gat, Oposito), l’amenant entre autres à se poser la question de la dilution de l’identité artistique. Membre de l’association Black History Month (dirigée par Maboula Soumahorou), il s’intéresse au devoir de mémoire et à ses conséquences dans le monde actuel.


Jin Kash, d’origine congolaise, a toujours baigné dans les danses hip-hop et afro-caribéennes. Il découvre le kizomba et le semba, des danses de couple angolaises, en 2012. Après avoir été formé à l’école PéNaTchon, Jin devient professeur à son tour. Avec sa partenaire Jeanne, il donne des cours à Paris et à l’étranger, et développe une danse basée sur l’authenticité et la technique, qui s’écarte des tendances plus commerciales de l’« urban kiz ».


Après des débuts de b-boy, « Meech » Onomo se tourne vers le hip-hop et la house dance, et gagne d’innombrables battles. Que ce soit en tant que directeur artistique, danseur ou chorégraphe, il met l’accent sur l’improvisation et le « clubbing », ou la danse sociale. Il est l’initiateur du « ghost flow », un langage chorégraphique s’inspirant de la culture hip-hop et des danses africaines, qui demande de rentrer dans son intériorité, afin d’y puiser une expérience profonde pour l’intégrer au mouvement.


La passion de « Nadéeya » Gabrieli Kalati est née au Cameroun, son pays d'origine. Après plusieurs années en Italie, elle s'installe en France où elle intègre en 2015 le groupe féminin Paradox-sal, fondé par Babson (Ousmane Sy). Son style reflète ses origines et son histoire, mêlant une rythmique et un état d'esprit africain aux pas de base de la house dance. Connue dans le milieu compétitif, Nadéeya se produit à travers le monde, et partage ses connaissances à travers différents projets artistiques (Dipita Moovement, Moyindo Squad).

‣Raïssa Leïla est une danseuse et chorégraphe franco-marocaine et berbère, fondatrice de la troupe Kif-Kif Bledi, Elle est ingénieure, tout en considérant également vivre « la danse comme un métier ». Elle développe à partir de 2009 des fusions entre le waacking, le voguing et les danses d’Afrique du Nord. Elle utilise la danse pour briser les barrières, promouvoir l’ouverture d’esprit et valoriser un patrimoine culturel peu mis en lumière hors des circuits nord-africains.


Youri Comuce a grandi entre la Guadeloupe et la région parisienne. Fin connaisseur de zouk, il découvre la kizomba et le semba, danses de couple angolaises, en 2010. Il se forme en autodidacte et à l’école PéNaTchon, avant de commencer à enseigner à Paris et à l’étranger. Après un voyage en Angola, il entame un travail de recherche sur les circulations musicales et dansées entre les Antilles et l’Angola, desquels émergent ses projets de création en cours.
 

 

◼︎  19h - 21h : Jam & DJ Set avec DJ Prophet

À l’heure où le cloisonnement musical est de rigueur, DJ Prophet (Point Carré, Hello Panam, Synchrophone) fait office de résistant. Depuis ses débuts en 2002, DJ Prophet ne cesse d’évoluer, il se définit comme un créateur d’ambiance comme il n’en existe plus que peu. DJ Prophet est en recherche permanente de « pépites émincées » classiques et contemporaines aux larges sonorités.

 

Photo : PoP Moves