Exposition
13 > 25 novembre

Suspended spaces

Retour de Fordlândia, une archive à ciel ouvert

Photographie Environnement

Fordlândia est une ville construite à partir de 1928 par Henry Ford en Amazonie sur la rive du Tapajòs, afin d'exploiter intensivement l'hévéa et le caoutchouc qu'il produit, nécessaire à la fabrication des pneumatiques. Le projet a échoué et Fordlândia est aujourd’hui un petit village, au milieu d’un patrimoine industriel au statut incertain. En août 2018, Suspended spaces a organisé une résidence flottante jusqu’à Fordlândia avec vingt artistes et chercheurs internationaux, en collaboration avec Fotoativa, collectif brésilien de Belém.

Retour de Fordlândia est une exposition qui présente un ensemble d’œuvres, actions, gestes, réalisés à l'occasion ou au retour de la résidence. Fordlândia, une archive à ciel ouvert est le titre du colloque qui se tiendra une semaine durant, sous la forme de tables rondes quotidiennes pour discuter et comprendre ce que Fordlândia veut dire, aujourd’hui.

Fordlândia est une ville construite par Henry Ford au bord du Rio Tapajós à partir de 1928. Bâtie pour cultiver de manière intensive le caoutchouc nécessaire à l’équipement des pneus des véhicules fabriqués dans les usines Ford de Détroit, elle était aussi un projet de « civilisation », qui regroupait usines, habitats, hôpital, écoles, construits sur un modèle américain. Mais ce fût une succession d’échecs et d’erreurs ; l’eau, la terre, les parasites, les révoltes ont eu raison du fantasme fordien.

Fordlândia est aujourd’hui un paysage et une archive à la fois, qui ouvre des réflexions qui se préciseront au fur et à mesure des journées du colloque : le site interroge la rencontre du projet moderne de l’industriel américain, occidental, rationnel, colonial, et un territoire amazonien qui, hier comme aujourd’hui, porte et supporte des projections multiples, économiques et environnementales, anthropologiques et artistiques, touristiques et scientifiques. Penser ce rapport entre archives, mémoire et paysage, au retour d’une résidence à Fordlândia, avec des chercheurs et artistes brésiliens et internationaux, ouvre des pistes de travail et de réflexions qui s’inscrivent au croisement de l’art et des sciences humaines. L’exposition Retour de Fordlândia est une étape parisienne d’un projet qui commence en Amazonie, se poursuivra au centre d’art la Tôlerie, à Clermont-Ferrand (à partir du 23 novembre 2018), et se conclura par une exposition à Belém (Brésil) et un livre franco-portugais, en 2019.

Le colloque organisé à Paris s’inscrit dans un projet international, qui engage la France et le Brésil mais aussi des artistes et chercheurs de différents pays d’Europe (Allemagne, Belgique, Canada, Portugal, Liban). L’expérience à l’origine de l’ensemble du projet est une résidence embarquée sur un bateau voguant de Santarém à Fordlândia, sur le rio Tapajós, en Amazonie. Ce moment partagé, avec 20 artistes et chercheurs de cultures, de nationalités, d’âges différents, déploiera ses enjeux et ses résultats à l’occasion de l’événement organisé à La Colonie. Ce sera la première fois que le groupe se réunira à nouveau après cette expérience commune.

Chacun aura pris du recul, poursuivi des pistes de travail, terminé des projets, et la confrontation de ces recherches sera non seulement matérialisée dans l’exposition, mais sera aussi partagée publiquement à l’occasion des prises de parole et tables rondes. Il s’agira de donner à voir et à entendre une recherche collective dans son aspect le plus vivant, en direct. Les prises de parole des artistes seront enrichies, nourries et discutées à partir des communications de philosophes, anthropologues, historiens, architectes : il ne s’agira pas de prétendre produire une recherche exhaustive, mais de multiplier des visions, les interprétations, les réactions au lieu et à ce qui se dégage de lui et de ses habitants, provoquant des émotions et des éléments de compréhension.

 

Fordlândia est un suspended space dans lequel sont déposées des histoires inachevées ou interrompues, parfois violement, espaces préoccupés par des récits à venir, des récits échoués. Friche industrielle et réserve d’imaginaire, Fordlândia sera mise à l’épreuve des définitions de l’espace et envisagé à travers les multiples histoires des représentations de l’Amazonie, de Werner Herzog au cinéma brésilien, des récits d’aventures au fantasme jusqu’au fantasme d’une forêt primaire développé autant dans les sciences ou l’économie que dans la fiction. La dimension historique des lieux sera envisagée, en particulier l’inscription de cette ville dans un projet colonial américain plus global, mais aussi par l’observation des multiples temporalités que concentre Fordlândia. La blessure Fordlândia raisonne avec la violence subie par la forêt, qui invite à une sollicitude qui questionne l’éthique du care et l’écoféminisme. Comment s’affranchir du poids et de la charge de l’histoire sans cependant l’oublier? Que signifie Fordlândia aujourd’hui, dans un Brésil en état de crise politique et économique, sur une planète à l’équilibre écologique vacillant ? Quel sens peut avoir une approche artistique d’un tel lieu, d’un tel territoire, d’une telle histoire, dans un tel moment ?

Une Proposition du Collectif Suspended spaces, avec l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (Institut ACTE), en collaboration avec l'Université de Picardie Jules Verne (CRAE). 

 

◼︎ Tables rondes : Fordlândia, une archive à ciel ouvert

Cinq journées durant, des spécialistes de leur discipline viendront échanger publiquement sur des questions qui croisent l’écologie, la philosophie, l’anthropologie, l’histoire et l’art. La parole des artistes mais aussi les œuvres (expositions, performances, projections) seront mêlées aux réflexions des chercheurs, sans jouer le rôle d’illustration mais bien comme des éléments sensibles de la réflexion.


Artistes et exposants : Alessia de Biase, Marcel Dinahet, Debora Flor, Maïder Fortuné, Véronique Isabelle, Valérie Jouve, Jan Kopp, Bertrand Lamarche, Daniel Lê, André Parente, Françoise Parfait, RaioVerde (Camila Fialho et José Viana), Mireille Pic, Alexandre Sequeira, Susana de Sousa Dias, Stéphane Thidet, Camille Varenne.

 

 

PROGRAMME

Exposition Retour de Fordlândia


◼︎ Mardi 13 novembre

17h : Tables rondes : Quelques expériences à Fordlândia

Avec Alessia De Biase, Marcel Dinahet, Camila Fialho, Maïder Fortuné, Debora Flor, Jan Kopp, Jacinto Lageira, Bertrand Lamarche, Daniel Lê, Françoise Parfait, Susana de Sousa Dias, Stéphane Thidet, Eric Valette, Camille Varenne.

18h30 : Performance, Eric Valette. La jalousie du plant de manioc/La vengeance du bois qui pleure. Conférence et peau d’images, 30’, 2018.

19h : Vernissage de l’exposition - cocktail

 

Colloque Fordlândia, une archive à ciel ouvert

 

◼︎ Mercredi 14 novembre 

Fordlândia, une archive à ciel ouvert.

16h30 - 18h : Retour en Amazonie : Werner Herzog, à l’invitation de Stefanie Baumann et Eric Lecerf avec Susana Mouzinho et Jeremy Hamers

En 2018, le Hyde Park Entertainment Group annonce qu’il a signé un contrat avec Werner Herzog afin d'adapter le livre Fordlandia : The Rise and Fall of Henry Ford's Forgotten Jungle City (Greg Grandin) pour la télévision, annonce qui coïncide avec la résidence du collectif Suspended spaces en Amazonie. Pour le réalisateur, il s’agit d’un retour dans la jungle sud-américaine : il s’y était déjà rendu pour tourner Aguirre, La colère de Dieu (1972), Fitzcarraldo (1982) ainsi que les documentaires Les Ailes de l’espoir (2000) et The White Diamond (2004). Ces œuvres seront pour les participants à cette table ronde autant d’occasions d'aborder certaines thématiques et problématiques récurrentes dans l'œuvre de Herzog : la relation entre les hommes modernes et « l’indifférence accablante de la nature », la colonisation et la décolonisation, l'expression par des moyens proprement cinématographiques d'expériences extrêmes.

19h - 20h30 : Cinéma et Amazonie, avec Lucia Monteiro, Wagner Morales, Susana de Sousa Dias, João Torres. Projection de Lígia (2017) de Nuno Ramos (5').

Modératrice : Aline Caillet

20h30 : En présence de Daniel Steegmann Mangrané et João Torres : Os Arara (1983) de Andrea Tonacci (troisième épisode, 30'), Toré (2015) de João Torres (15'30''), 16mm (2008-2011) de Daniel Steegmann Mangrané (5') et Há Terra (2016) de Ana Vaz (13').


◼︎ Jeudi 15 novembre

13h30 - 15h : Les temps de Fordlândia, à l’invitation d’Alessia De Biase.

Avec Margareth Da Silva Pereira, Valérie Jouve, Françoise Parfait et Gilles Tiberghien.

Quels sont les temps de Fordlândia ? Comme le dirait Ernst Bloch, à quel présent appartient-elle ? Là bas, il est aussi question de « calendrier », pour reprendre François Hartog, car la découverte du nouveau monde a été, non seulement une affaire géographique mais aussi un grand enjeu temporel : on les met où ces gens-là dans nos calendriers, dans notre récit du monde ? L’histoire du Brésil plus généralement est rythmée par des périodes, des cycles : Le cycle du Pau Brésil (bois), de la canne à sucre, de l’or, du coton, du café et du caoutchouc. Ce dernier de ces cycles, celui du caoutchouc, a investi entre autres, la région de Fordlândia et Henry Ford en a été un de derniers acteurs. Il a amené au milieu de la forêt un « projet », une projection, un futur. Il a imposé non seulement une spatialité mais aussi une temporalité autre, différente de celle de la forêt (mais quel est le temps de la forêt ?). Aujourd’hui, qu’en est-il de ce futur ? Fordlândia se projette-elle encore ? A quelles temporalités appartient-elle ? Dans le cadre de la résidence de Suspended spaces à Fordlândia, qu’a signifié le fait d’y passer une semaine ? Quels temps expérimenter ?

15h30 - 17h : Ethique du care et écoféminisme, à l’invitation de Caroline Ibos et Lise Lerichomme. Avec Myriam Bahaffou, Camille Ducellier, Sandra Laugier (sous réserve) et Pascal Molinier.

Dès la fin des années soixante, des artistes comme Mierle Laderman Ukeles ou Cecilia Vicuña ont exploré les liens entre l’exploitation de la nature, le développement du capitalisme et la domination masculine et occidentale. En écho à leurs recherches, les éthiques du care interrogent les interdépendances et les attachements entre les êtres vivants et leurs environnements pour souligner les enjeux de justice liés à leur préservation. Dénonçant l’insouciance envers les conséquences de nos actions sur l’environnement, le regard du care accorde attention aux espaces proches et aux expériences sensibles et locales et souligne le rôle des femmes dans le maintien des formes de vie. Là se rejoignent les perspectives des écoféminismes dans leurs analyses de l’exploitation conjuguée des ressources naturelles et des femmes « des Suds », ainsi que les pratiques de résistances de ces dernières. Sous la forme d’une discussion, cette table ronde réunira des artistes et des chercheures qui exploreront ces liens entre art, éthique du care et écoféminisme.

21h30 : Soirée DJ Brésil

 

◼︎ Vendredi 16 novembre

13h30 - 15h : Paysages amazoniens, à l’invitation de Christophe Viart.

Avec Fabienne Brugère, Véronique Isabelle, Marwan Moujaes, Naara Fontinele et Maïder Fortuné.

Chercheurs, artistes, philosophes, anthropologues, les différentes personnalités réunies autour de cette table échangeront autour des questions de déplacements, d’accueils, de deuil, de survivances, de créations, de destructions liées aux paysages suspendus de notre époque contemporaine.

15h00 - 16h30 : L'appropriation culturelle. Avec Camila Fialho, Debora Flor, Jacinto Lageira, et Eric Fassin.

Modérateur : Eric Valette

En travaillant sur Fordlândia, en Amazonie, des questions de légitimité se sont une nouvelle fois posées. Qui est étranger à quoi ? Qu’est-ce que le déplacement engage comme jeux de pouvoir, d’appropriation, d’instrumentalisation ?

17h : Performance, Florence Jou

Enquête#, 20’, 2018. La mission consiste en un témoignage des prises de paroles, des gestes, des tentatives exposées; une retranscrition sous forme poétique pour produire un journal public en live.

21h30 : Soirée DJ Brésil

 

◼︎ Samedi 17 novembre

13h30 - 15h : Fordlândia, la forme d’une ville : élevage de poussière.

Avec Philippe Duboÿ, Bertrand Lamarche.

Emmenez moi au bout du monde ! à Forlândia pour arpenter ensemble aujourd'hui ce territoire amazonien, témoignage d’une conquête coloniale avec José Maria Ferreira de Castro, Forêt vierge (1930) et son traducteur Blaise Cendrars, Utopialand (1955). À l’origine « Le Plan américain ! La prospérité  automobile s’infiltrant par le haut !» (Frederik Winslow Taylor, Henry Ford) avec John Dos Passos, La grosse Galette (U.S.A). Une company town réduite à sa plus simple expression : l’organisation du travail, qui se veut l’image lointaine des suburban villages : Riverside de Frederic Law Olmsted (1869) et l’enfant chéri de Ford, Greenfield Village. Aujourd’hui, la réalité d’une ruine de : «  La forme d’une ville, la structure d’une ville, le profil d’une ville, c’est vraiment là ce que je veux dire : je veux défendre quelque chose qui n’est pas codifié, qui n’est pas défendu par personne et qui est l’œuvre, disons-le comme ça, du peuple, de toute une histoire  d’un peuple d’une ville : une multitude d’hommes sans nom. » (Pasolini 1974). Élevage de poussière : « Comme il est aride - comme il est fertile - comme il est joyeux comme il est triste » (Man Ray 1921).

15h30 - 17h : Forêt, frontières, récits. Avec Stephen Rostain, Anne-Laure Amilhat Szary

Modératrice : Françoise Parfait

17h : Performance de Mariana Marcassa et Anatoli Vlassov, BRUSSIA.
Une Brésilienne et un Russe se rencontrent pour partager des affects inscrits dans leurs corps. Entre colonisation, lutte, douceur, grandeur et barbarie, ils convoquent leurs vécus émotionnels à travers voix, gestes, paroles et silences. BRUSSIA ou comment deux puissances se mêlent.


◼︎ Dimanche 18 novembre

13h30 - 16h30 : Amazonie, une histoire-monde(s)

Avec Patrick Boucheron, Pierre Deléage, Laurent Vidal, et Armelle Enders.

Modérateur : Romain Bertrand

L’Amazonie : peut-on imaginer lieu plus « coupé de tout », espace plus « déconnecté » des grands flux planétaires ? Et pourtant, l’Amazonie brésilienne ne s’est jamais tenue à l’écart du monde. Elle a même été, outre l’un des grands bassins du capitalisme financier, l’un des principaux champs d’expérimentation de la modernité – jusqu’à en arborer aujourd’hui encore les stigmates. Contre les mythologies de l’isolat, cette table ronde entend faire droit au récit choral de ces expériences.

17h30-18h00 : performance d'Eric Valette. La jalousie du plant de manioc - La vengeance du bois qui pleure, performance et peaux d'images, 30', 2018

18h30-19h30 : concert, musique brésilienne Ens'Batucada

 

L'exposition Retour de Fordlândia est installée au 1er et 2nd étages de La Colonie jusqu'au dimanche 25 novembre.

 

Les artistes et chercheurs de l’exposition

 

Romain Bertrand. Spécialiste du monde insulindien (Indonésie, Malaisie, Philippines) aux époques moderne et coloniale. Directeur de recherche au Centre d’études et de recherches internationales (CERI, Sciences Po Paris/ CNRS) et membre du comité de rédaction de la revue Annales – Histoire,
sciences sociales. Il travaille depuis une quinzaine d’années, d’une part à une

histoire symétrique des situations de contact entre l’Europe et l’Asie du Sud-
Est, de l’autre à une histoire critique des débats contemporains autour du

fait colonial, de ses héritages et de ses mémoires. Il est membre du Comité
scientifique du Musée de la Compagnie des Indes de Port-Louis (Lorient) et

du Comité d’évaluation du Département de la recherche du Musée du quai

Branly-Jacques Chirac. Il a notamment publié Mémoires d’empire. La contro-
verse autour du « fait colonial » (Éditions du Croquant, 2006), L’Histoire à

parts égales. Récits d’une rencontre Orient-Occident (XVIe-XVIIe siècle)
(Points Seuil, 2015), et Colonisation : une autre histoire (La Documentation
Photographique, 2016). Il a enseigné à la New School for Social Research
(New York) et à l’Université Fudan (Shanghai).

Alessia de Biase. Alessia de Biase est architecte et docteure en anthropologie sociale et ethnologie, elle dirige le Laboratoire Architecture Anthropologie (LAA/ENSA de Paris La Villette/UMR LAVUE 7218 CNRS) et est professeur d’anthropologie de la ville à l’Ensa Paris La Villette. Elle propose une anthropologie de la transformation urbaine vu comme un processus spatio-temporel dont la production physique de l’espace s'entrelace continuellement aux récits d’acteurs qui la pensent, la gouvernent et l’habitent. Elle propose une observation fine de l’espace urbain en train de se faire et des temporalités qui le gouvernent à s’associer, dans une démarche critique, à une ethnographie et une analyse du jeu d’acteurs (habitants, concepteurs et décideurs) qui co-participent à différentes échelles à la transformation urbaine. Depuis 2013 elle coordonne au sein de son équipe (LAA) un axe de recherche “hériter du futur” qui questionne le futur comme une construction culturelle qui dans chaque époque a utilisé la ville, telle une machine temporelle, pour donner corps à divers modes de projection dans l’avenir.

Marcel Dinahet. Artiste, vit et travaille à Rennes. Grand voyageur, il travaille dans les paysages et performe des prises de vue depuis l’eau, les fleuves, les bassins et piscines, les mers et océans. Dans son travail sur le littoral, il joue aussi de la transmission des récits mythologiques, au fil de ses rencontres.www.marceldinahet.co.uk

Camila Fialho. Née à Porto Alegre au Brésil (Rio Grande do Sul) en 1980, elle vit à Belém depuis 2014. Artiste, commissaire d’expositions et chercheuse indépendante, elle travaille comme collaboratrice à l’Association Fotoativa où elle est actuellement présidente et coordinatrice du groupe de recherche et de documentation. Dans son travail, elle entrecroise des réflexions sur le territoire de l'Amazonie contemporaine, sur les tensions entre les images et les mots, les pratiques collaboratives et la gestion d’espaces hybrides et indépendants.

Debora Flor. Artiste, vit et travaille à Belém au Brésil.  Debora Flor expérimente et explore différents procédés photographiques artisanaux, à partir de plantes, de techniques anciennes auxquels elle intègre de la broderie, divers objets, ou autre. Son approche sensible met en évidence les relations qu'elle tisse avec les êtres, les lieux à travers le caractère organique de son travail. Debora propose des séries d’ateliers exploratoires qui prennent la forme de projets collectifs et réalise également un travail documentaire pour différents projets artistiques et auprès de diverses communautés dans la région amazonienne. Elle travaille activement à l’Association FotoAtiva, où elle coordonne le groupe de recherche Laboratório de Projetos, la Foire de publications indépendantes Marca d'água, offre divers ateliers et participe à l’équipe de gestion de cet espace.

Maïder Fortuné. Artiste. Après des études de Littérature et de Théâtre, elle intègre Le Fresnoy (Studio national des arts contemporains à Tourcoing) et oriente son intérêt vers les arts visuels. Son travail vidéographique s’intéresse à l’image manquante. Quelque chose s’y donne qui n’est pas le tout mais le signe-fantôme d’un reste, une empreinte qui persiste dans le psychisme. Son travail a été présenté dans de nombreuses institutions en France et à l’étranger. Plusieurs œuvres ont été acquises par des collections publiques et privées. Elle a obtenu diverses bourses et résidences, Allocation de recherche du Cnap, Villa Kujoyama, Fondation du Japon, Villa Médicis à Rome. www.maider-fortune.fr

Véronique Isabelle. Véronique Isabelle est née au Québec (1983) et vit à Belém depuis 2008, où elle a réalisé une maitrise et un doctorat en anthropologie à l’Université Fédérale du Pará et développe une pratique en immersion dans différents contextes. Ses recherches où s’entremêle une approche poétique et ethnographique, portent sur les dimensions sensibles des paysages et des imaginaires, à travers la réalisation de projets collaboratifs avec différentes personnes ou collectivité. Ces projets se dessinent dans la propre relation qui se trame et se tisse avec les gens, les situations et les lieux, à partir des savoir-faire, des récits, des affects. Ceux-ci prennent parfois la forme d’installation, de livre, de projets sonores, de peinture, d’événements.

Valérie Jouve. Artiste née à Saint-Étienne, qui vit et travaille entre Paris, Les Cévennes, et Jéricho (Palestine). Anthropologue de formation, elle est devenue photographe mais réalise aussi des films. Ses photographies appartiennent aux domaines de l’anthropologie, de la sociologie, de la représentation du monde d’aujourd’hui. Par la mise en scène photographique de moments, grâce à des images jouées ou performées, elle décrypte notre société et ses aspects de théâtralité quotidienne. www.valeriejouve.com

Jan Kopp. Artiste, né à Francfort et vit à Lyon. Après des études de Philosophie à la Sorbonne (Paris 4), il devient diplômé de l’École des beaux-arts de Paris en 1996. Il a suivi divers programmes de résidence en France et à l’étranger dont celui à MoMA PS1 à New York. Il est très tôt repéré pour ses interventions dans l’espace public qui investissent les lieux laissés vacants dans nos villes (champs de coquelicots à Ivry-sur-Seine, 1993 et Berlin, 1994). Son travail recourt à de nombreux médiums (son, vidéo, dessin, sculpture, performance). Il se déploie aussi bien au travers de vastes installations conçues en regard des espaces qu’elles occupent que de formes plus discrètes. www.jankopp.net

Bertrand Lamarche. Artiste, vit et travaille à Paris. Il est diplômé de la Villa Arson à Nice et enseigne à l’École nationale d’architecture Paris-Malaquais. Son travail s’appuie sur une modélisation du réel sous forme d’installations, de projections, de dessins, de maquettes et de vidéos, en ayant recours à des distorsions d’échelles spatiales ou temporelles. Traités comme de la science-fiction ou des hétérotopies, ses motifs sont récurrents : le site ferroviaire de Nancy, les mouvements hypnotiques, la voix de Kate Bush, les phénomènes météorologiques, les ombellifères géantes, les trous, les boucles sonores et visuelles, les rémanences cinématographiques, ou encore les rotations de vinyles. Ses œuvres sont présentes dans plusieurs collections publiques et privées parmi lesquelles : Fonds national d’art contemporain, Centre Pompidou, MAC/VAL, Frac Centre, Les Abattoirs de Toulouse, Agnès b., etc. 

Daniel Lê. Artiste, vit et travaille à Paris. Il est enseignant en Arts plastiques à l’Université Picardie Jules Verne (Amiens, France). Membre fondateur du collectif Suspended spaces, il poursuit un travail artistique se saisissant aussi bien de la vidéo, du film, du dessin ou de l’installation. Il a ces dernières années orienté sa recherche autour de la question du documentaire et du rôle de la voix avec notamment How I Shot Hitler et God Save the King, vidéos où se mêlent récits et documents personnels, souvenirs et chansons qui rencontrent le grand récit de l’Histoire. 

André Parente. Artiste et chercheur en cinéma et nouveaux médias. En 1987, il soutient un doctorat sous la direction de Gilles Deleuze à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Il est actuellement professeur à l’Université Fédérale de Rio de Janeiro où il fonde en 1991 N-Imagem, laboratoire théorico-pratico-technique transdisciplinaire de conception, d’analyse et de traitement des médias visuels. Depuis 1977, son travail artistique et théorique s’intéresse aux rapports entre le cinéma et les nouveaux médias, et plus particulièrement aux dispositifs de vision panoramique. Avec une approche conceptuelle et expérimentale, il a produit denombreuses vidéos, des films et des installations parfois interactives. www.andreparente.net

Françoise Parfait. Artiste et Professeure en Arts plastiques et nouveaux médias à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ses recherches, tant pratiques que théoriques, concernent la question des images temporelles, et leur réception dans le champ de l’art (Vidéo : un art contemporain, Regard, 2001 ; catalogue Collection Nouveaux Médias/Installations, Centre Pompidou/Musée national d’art moderne, 2006 ; catalogue David Claerbout – The Shape of Time, JRP/Ringier, 2008). Membre fondateur du collectif Suspended spaces, elle s’intéresse depuis aux espaces géopolitiques hérités de la modernité dont l’histoire et le devenir sont « incertains ». Son travail d’installation en vidéo met en scène des durées et des temporalités à l’interface entre temps réel et temps appareillé. 

Mireille Pic. Née à Santa Catarina (Brésil), elle a grandi à Brasília s’est formée en ingénierie forestière et s’est mariée. Mireille Pic vit depuis 2011 à Belém. Membre active de l’association FotoAtiva, elle a participé à l’atelier Olhos Vendados avec Miguel Chikaoka et s’est attaché à percevoir Belém sous un nouveau regard, et auprès du groupe Fototaxi, à exercer une réflexion sur différentes formes d’apprentissages et d’enseignements. Elle a rejoins par amitié le nouveau groupe de gestion de Fotoativa, en intégrant le groupe de formation et expérimentation et en assumant aussi la gestion financière. 

RaioVerde. Duo formé par Camila Fialho et José Viana, basé à Belém (Brésil) depuis 2014. Les deux artistes ont entamé leur collaboration en 2013 et en 2016 adoptent la signature de RaioVerde comme travail d’auteur partagé. Leurs investigations touchent principalement les paysages en transformation en tant que champ d’expérimentation poétique et transitent par des réflexions sur le territoire et ses divers modes d’exploration. Ils s’intéressent aux contradictions apparentes entre le lourd et le léger, le documentaire et la fiction tout en (dé)jouant les supposées limites du système artistique. Parallèlement à leur travail, ils collaborent à l'association Fotoativa depuis 2014 dans la gestion de l'espace et le développement de projets avec d'autres artistes, utilisant des procédés expérimentaux et intuitifs pour la construction d'expositions, de publications, de résidences, d'interventions urbaines et de spectacles audiovisuels.

Alexandre Sequeira. Artiste, vit à Belém, Brésil. Doctorant en arts à l'Université Fédérale du Minas Gerais, il enseigne à l'Institut des sciences de l'art de l'Université Fédérale du Pará. Alexandre Sequeira établit des relations entre photographie et altérité sociale. Il a participé à plusieurs expositions et festivals au Brésil et à l'étranger, mettant en valeur « Une certaine Amazonie », à la Biennale Internationale de la Photographie de Liège en Belgique, au centre culturel Engramme à Québec (Canada), à la Xème Biennale de La Havane à Cuba, etc. Ses œuvres sont présentes dans la collection du musée UFPA, Maison de l'espace culturel de 11 fenêtres à Belém ; dans la Collection Pirelli / MASP-SP au Musée d'Art de Rio ; dans le Musée de la photographie Ceará ; au Musée d'art contemporain du Rio Grande do Sul ; dans la Collection de photographies de l'Association brésilienne d'art contemporain, parmi d’autres. 

Susana de Sousa Dias. Cinéaste, vit et travaille à Lisbonne. Après une formation en Art, Esthétique et Philosophie, elle expose son travail aussi bien dans des festivals de cinéma que dans des expositions artistiques comme Documenta 14, ou PhotoEspaña. Elle a fondé Kintop et a co-dirigé le Festival international de cinéma documentaire Doclisboa en 2012 et 2013 ouvrant de nouvelles sections comme Cinéma d’urgence, Années vertes et Passages (Documentaire et Art contemporain). Elle enseigne à la Faculté des beaux-arts de l’Université de Lisbonne. Parmi ses œuvres filmiques on peut citer Natureza Morta (Prix Atalanta Doclisboa 2006 et Prix de mérit Taiwan DFF), 48 (Grand Prix Cinéma du Réel à Paris 2010, Prix FIPRESCI DOK Leipzig 2010, Prix Opus Bonum, parmi beaucoup d’autres), Natureza Morta | Stilleben (installation 3 écrans) et Luz Obscura (Mention Spéciale du Jury en 2017, Les Rendez-vous de l’histoire, entre autres prix). 

Stéphane Thidet. Artiste, il crée des univers ordinaires où s’opèrent des décalages, des pas de côté. Ses œuvres mettent en scène sa vision de la réalité en l’imprégnant de fiction et de poésie. S’appuyant sur des situations de la vie courante, il y décrit la notion d’instabilité face à l’érosion du temps et de l’action qui mène à leur disparition. Ses différentes pièces sont le résultat d’un simple geste qu’il applique à des objets, des situations. Son travail tient à la fois de la sculpture et de l’installation. Diplômé de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris en 2002 et de l’École supérieure des beaux-arts de Rouen en 1996.www.stephanethidet.com 

Éric Valette. Artiste et professeur en Arts plastiques à l’Université de Picardie Jules Verne (Amiens, France). Co-fondateur du collectif Suspended spaces, il a travaillé sur la question de la représentation, et plus particulièrement sur la perspective et le rapport au réel. Son travail plastique utilise la vidéo montrée en installation, mais aussi le dessin et la performance. Il collabore également avec le chorégraphe installé à Bruxelles, Mauro Paccagnella. www.ericvalette.net

Camille Varenne. Artiste, vit et travaille à Clermont-Ferrand et Ouagadougou. Elle a obtenu son DNSEP en 2015 à l’École Supérieure d'Art de Clermont Métropole (ESACM) où elle poursuit son cursus comme étudiante chercheuse en troisième cycle. Elle développe sa pratique de vidéaste entre la France et le Burkina Faso où elle vit une partie de l’année depuis 2013. Elle articule son travail plastique avec un travail de recherche sur les cinématographies africaines comme zone de transculturation. Elle utilise la caméra comme un outil pour décloisonner les regards. Le film devient un espace de négociations où l'être ensemble se réinvente. 

José Viana. Né en 1988 à  Belém au Brésil, José Viana est artiste et professeur contractuel en cinéma à l'Université Fédéral du Pará, où il réalise actuellement un travail de recherche dans le cadre d’une Maîtrise en arts visuels, qui conjugue les notions de temps, paysage, performance et fiction. Il travaille également comme éditeur, producteur de textes et graphiste. Collaborateur de l'Association Fotoativa depuis 2014 dans la gestion de l'espace, des projets expérimentaux et la communication.

 

 

Photo : © Suspended spaces.

 

 

Remerciements :