Afrofuturisme
2 > 3 février

e-flux

The Twilight Symposium : Science Fiction Inside Colonialism

Littérature

E-flux et La Colonie vous plongent en immersion au coeur de la fiction narrative dédiée au colonialisme et à la science-fiction !

L’écrivain de Sciences Fiction canadien Nalo Hopkinson a écrit ceci: «Etre une personne de couleur qui écrit de la science fiction, c’est être soupçonné d’avoir intériorisé sa colonisation.» Bien entendu, le problème n’est pas la fiction, mais la science ; la conviction que le scientisme saturant nos technologies actuelles saurait créer de nouveaux mondes oniriques autres que les frontières coloniales qu’il a déjà créées. Le premier défi de toute science-fiction n’est-il pas d’abord la connaissance de l’histoire coloniale? La technologie peut-elle être détachée de son rôle dans la justification scientifique de la domination européenne mondiale?

Après tout, les systèmes cosmologiques ne sont pas toujours scientifiques tout comme les systèmes scientifiques ne sont pas seulement impériaux. Les systèmes cybernétiques peuvent être tout à fait différents: si la fiction narrative était auparavant trop douce ou consensuelle pour être une arme politique coercitive ou un outil militaire punitif, nous trouvons maintenant des puissances économiques cybernétiques et mondiales qui utilisent l’optique et les sentiments pour forger des loyautés imaginaires. Que cela soit par le biais de la littérature ou du cinéma, du télégraphe ou du chemin de fer, l’extension territoriale militaires et corporatistes a toujours eu recours aux transports et aux communications pour étendre sa portée. Ce n’est donc pas un hasard si les récits coloniaux et de science-fiction partagent le même fantasme de communication et de relation à travers une plate-forme singulière.

Aujourd’hui, cependant, un certain nombre de puissances économiques et technologiques en émergence sont des nations qui se définissent comme ayant pâti de l’expansion coloniale. Dans la période moderne, il est peut-être sans précédent de contrôler une telle technologie tout en ayant subi de lourdes pertes de la part des puissances occidentales technologiquement avancées. On pourrait peut-être en dire autant des populations des mêmes puissances impériales, qui se sentent exploitées par leurs propres régimes. Cela soulève la question suivante: que peut l’imaginaire scientifique et que peut-il devenir au lendemain de ces pertes? Dans ces circonstances, quels types d’avenir ou même de futurisme deviennent soudainement imaginables, ou même peuvent être rappelés? Peut-être pour la première fois depuis longtemps?

 

Avec 

Julieta Aranda, Kader Attia, Robert Bird, Kaye Cain-NilsenBodhisattva Chattopadhyay, Ali Cherri, Jihan El-Tahri, Kodwo Eshun, Joana Hadjithomas, Marie-Nour Hechaimé, Amal Issa, Khalil Joreige, Maha Maamoun, Mahan Moalemi, Chantal Pontbriand, Anjali Sagar,  Rasha Salti, Anton Vidokle et Brian Kuan Wood.

 

Tout le programme / All the programm (english bellow)

        
SAMEDI 2 FEVRIER

Première session // 10h00-12h30

présentée et modérée par Kader Attia



10h00-10h15: CAFÉ

10h15-10h35: Ouverture du symposium par Kader Attia

10h35-11h00: Rasha Salti Rogues, Pogues et gêneurs: La réémergence de la Science Fiction arabe

Alors que des motifs de « science - fiction » sont présents dans la littérature arabe et des lettres depuis l’ouvrage Ibn Arabi les révélations de la Mecque ou dans l’ouvrage d’al-Qazwini les merveilles de la création (Les merveilles de créatures et des choses étranges existantes), les romans de science-fiction conformes au canon occidental du genre ne sont devenus populaires dans le monde arabe que dans les années 1950 et 1960. Des oeuvres séminales, telles que Pessoptimist d’Emile Habibi (1974) et The Blue Flood (1976) d’Ahmad al-Biqali ont élargi le lectorat au - delà du genre. À la suite de l'invasion américaine de l'Irak (2003), et plus particulièrement depuis les contre-révolutions qui ont suivi le printemps arabe, de nouvelles voix littéraires relancent le genre, le dialogue avec la dystopie, l'aliénation, la satire et la représentation subversive du Réel.

11h05-11h30: Jihan El-Tahri – “The Space Between Magic and Technology” [“L’espace entre Magie et Technologie”]


Le mot «futur» sous-entend un chemin linéaire vers l’avancé alors qu’en arabe le mot «Mostakbal» est dérivé de la racine «kabl» qui peut signifier le passé, l’avant. Le temps dans notre culture ne fonctionne pas comme une marche linéaire vers demain, il englobe à la fois le présent et le passé. Etant donnée notre éducation occidentale rationaliste, pouvons-nous contester le concept occidental de «futur»? Notre imaginaire peut-il envisager un forme future alternative – alors même que nous utilisons les outils qui nous ont été imposés par les puissances occidentales dominantes? Le «Détecteur du Mal» d’Abou Bakarr Mansaray est une forme alternative d’intelligence artificielle! Peut-être que cela pourrait devenir un objet domestique ; après tout, Skype n’est-il pas un équivalent scientifique d’un Sangoma?
En évoquant des moments allant des inventions de l’Égypte ancienne au programme nucléaire secret du président Gamal Abdel Nasser, je discuterai des imaginaires tentant de concevoir des «futurs» alternatifs et interrogerai la manière dont nous travaillons pour trouver de nouvelles significations à des mots tels que le «progrès» afin de demain, nous extraire de la domination de l’Occident.

11h35-12h00: Marie-Nour Hechaimé Le féminisme dans l'allégorie de SF Le rêve de Sultana (1905) de Rokeya Sakhawat Hossein

Dans sa nouvelle écrite en anglais, Rokeya Hossein décrit une réalité alternative dans laquelle les hommes restent dans les parties intérieures des maisons normalement réservées aux femmes selon la tradition du purdah, tandis que les femmes sont chargées des affaires politiques et économiques. Partant d’une description de la nouvelle et du contexte dans lequel elle a été écrite, cette présentation explorera les outils narratifs déployés pour transmettre le message féministe de Rokeya Hossein.
Bien que le genre littéraire du conte utopique de SF fût courant au 19e siècle, l’originalité et l’importance de cette œuvre résident dans le projet d’équilibre entre nature et technologie et ses nuances proto-éco-féministes, critique du système patriarcal indien, du colonialisme britannique, du discours de la mère-nation et les relations enchevêtrées qu’ils entretiennent.

12h05-12h15: Projection du film d’Ali Cherri, Pipe Dreams, 2015, 7 min

Dans un appel mémorable entre le président défunt Hafez el-Assad et l’astronaute syrien Mohammed Faris, on voit le « père » de la nation qui interroge le « héros » sur ses impressions, alors qu’il survolait les terres syriennes. Une conversation qui met en scène le chef « éternel » de la nation qui, depuis son bureau, veille sur les enfants de la patrie, même à des milliers de kilomètres dans l’espace. Dans une forme de mise en abîme, on voit, sur un moniteur, les images du président Hafez el-Assad s’adresser, à travers un moniteur identique, à l’astronaute dans son vaisseau ; une répétition jusqu’à l’infini de l’image du père qui regarde le héros. Vingt cinq ans après, au début des soulèvements en Syrie en 2011, et par peur de vandalisme, le pouvoir en place démantèle des statues du président Hafez el-Assad dans les villes protestataires. À travers ce recul sur les évènements qui bouleversent actuellement la région, Pipe Dreams permet au politique d’appeler le poétique... Là où s’inscrit une démarche artistique qui cherche à placer le récit personnel dans l’histoire politique.


12h15-12h.30: Questions / réponses / discussion avec tous les participants, animée par Kader Attia

12h30-13h30: Pause déjeuner

 

Deuxième session 13h30 - 16h20
Présentée et animée par Brian Kuan Wood

 

13h30-13h35: Introduction, Brian Kuan Wood

13h35-14h00: Bodhisattva Chattopadhyay CoFutures: des chemins vers des présents possibles (Commentaire n°3)

Que signifie penser à l'avenir? Dans cet exposé, je discuterai différentes façons de penser à l'avenir à travers des exemples de futurismes contemporains. En utilisant ces réponses comme cadre, je discuterai la possibilité que ce que nous recherchons serait un espace de réflexion pour penser des CoFutures (Complexe, Coexistant, Coeval). Bien qu'ils reprennent souvent des domaines similaires de la production artistique, les CoFutures résistent explicitement au discours  «de la Science Fiction globale» et plaide en faveur de possibilités alternatives sur les plans politique, esthétique et épistémologique. Bien que la technoscience reste un problème épineux dans la plupart des imaginaires futuristes de la SF en raison de ses origines et de ses revendications impériales et globalisantes, je soutiens qu’avec ces CoFutures, le culte du progrès technoscientifique devient superflu pour penser l’avenir.

14h05-14h30: Julieta Aranda Shape-shifters: Small flowers crack concrete. [Les métamorphoses: les jeunes fleurs font craquer le béton.]
 
Je vais m’intéresser au changement de forme; à la notion de «passage».
Qu'est-ce qui est passé, passé en contrebande, contrefait? Par quelle porte? Qu’implique vivre dans plus d’un monde ? Mon approche consistera en une série de mises à jour de la définition classique de la force que je vais essayer d’agrandir en déployant des idées de faiblesse, de douceur et de souplesse. Étirer, s'étirer dans plusieurs directions, changer de forme. L’extension Nord et Sud n’est pas un signe de contradiction, mais plutôt une incarnation matérielle de toute la complexité de l’être; ce que j'appelle la «résistance végétale»: phototropique, intelligente, débrouillarde.
 
14h35-15h00: Mahan Moalemi Ethique du voyage dans le temps: vers un futurisme comparé

Comment aborde-t-on l'idée du futur à travers le monde? Comment l’attraction colossale que représente un avenir inconnu est-elle canalisée, calibrée selon les histoires régionales? Comment le futur se retrouve-t-il encore et encore sous la forme d’intérêts communs et contradictoires? À titre de référence préliminaire, le projet de «futurisme comparé» se penche sur des exemples littéraires, artistiques, intellectuels, technologiques et entrepreneuriaux tirés des traditions de l’Afrofuturisme, du Sinofuturisme et du futurisme du Golfe. Des schémas comparables et contrastés de temporalité et de causalité se retrouvent dans des histoires du futur précises et sont identifiés dans les récits des attentes de la population en matière de changement social et politique. La notion de «chronocommons» sera discutée comme possible index des modèles reconnaissables des futurs et la chronopolitique sera examinée dans le cadre d’une analyse des coïncidences sur un spectre transrégional.

15h05-15h30: Maha Maamoun projection de 2026, 2010, 10 min et de Night Visitor: The Night of Counting the Years, 2011, 8 min et conversation avec Brian Kuan Wood

Basé sur un texte du roman The Revolution of 2053, de l'écrivain égyptien Mahmoud Osman, et faisant référence à une scène de La Jetée de Chris Marker (1962), un voyageur du temps raconte sa vision de l'avenir de la région des pyramides, et par extension de l'Egypte en 2026 - une vision qui tend à aller au-delà tout en restant sévèrement confinée par les contraintes imaginales du présent

Night Visitor: The Night of Counting the Years, 2011. [Visiteur de nuit: La nuit du décompte des années]

Le 5 mars 2011, des centaines d'hommes et de femmes ont pris d'assaut les bâtiments de la sûreté générale de l'État égyptien, craignant que les agents à l'intérieur ne détruisent des preuves de crimes. En regardant  les images enregistrées et téléchargées sur Youtube par ces visiteurs, différents récits de cet espace et de ce moment politique extrêmement chargés émergent. Les caméras des téléphones portables révèlent un aperçu des actions et des désirs des anciens locataires de cet espace, qu'il s'agisse des personnes arrêtées ou des personnes arrêtant, ainsi que de l'espace psychologique sculpté par ces bâtiments et leurs habitants dans l'histoire et l'imaginaire contemporains.

15h30 à 15h40: séance de questions / réponses avec tous les participants, animée par Brian Kuan Wood

15h45-16h00: PAUSE CAFÉ
 

Troisième session 16h00-18h30
présentée et animée par Kaye Cain-Nielsen

 

16h00-16h05: Introduction, Kaye Cain-Nielsen

16h05-16h30: Kodwo Eshun – « To Win the War, You Fought it Sideways: Kojo Laing’s Major Gentl and the Achimota Wars»

16h35–17h00: Chantal Pontbriand – « Beyond Language(s) » [Par-delà la (des) langue (s)]

La science-fiction est un moyen d'aborder ce qui se passe dans l'au-delà, le cosmos, tout autre "lieu étranger" ou situation inconnue, voire même éloignée. Par conséquent, qu'y a-t-il "au-delà" et comment s'y addresser? Le défi, qui a une dimension à la fois sociopolitique et métaphysique, consiste à faire face au passé (et à ses nombreux colonialismes), au présent (et aux nouvelles formes de colonialismes, y compris les technologies) et à l’inévitable futur. Le sentiment d'étrangeté peut se manifester de plusieurs manières. La langue est un facteur important, car c’est là que réside notre capacité à se mettre en relation les uns avec les autres. Alors, comment cela se passe-t-il lorsqu'un langage "commun" est inexistant, pas encore formé, ou si le langage de l'autre est inconnu de soi (ou de qui que ce soit), totalement opaque, voire même non formé, même dans l'oreille de l'autre. Le cinéaste Denis Villeneuve a parfaitement saisi ce no man's land dans son récent film L'arrivée. Alors qu'une rencontre avec une force venant d'ailleurs est imminente et que quelque chose de majeur risque de se passer, les services de renseignement américains et l'armée américaine font appel à une linguiste pour permettre le contact avec une force étrangère venant d'une autre galaxie. Comment réussit-elle? À travers des moyens essentiellement visuels, en dessinant, utilisant les outils du graphikos comme le diraient les Grecs anciens. Les débuts d'un Demos ... la voie de l’en-commun.

17h05–17h30: Robert Bird – Modeling a Non-Colonialist Future” [“Modéliser un avenir non colonialiste]

Dès le début, la tâche de libération révolutionnaire en Russie était inextricablement liée à la spéculation scientifique et à la science-fiction. Dans le livre datant de Vladimir Tatlin datant de 1919 Modèle pour un monument à la Troisième Internationale ou dans le film Aelita de 1924, l’ambition internationale du communisme était interprétée comme une promesse interstellaire. Produire un modèle efficace de justice sociale sur Terre nécessitait une pensée précise du cosmos dans son ensemble. Sous le réalisme socialiste, toutefois, à partir des années 1930 dans le cinéma soviétique, cette imaginaire radical semble sous-tendre une forme de néo-colonialisme mondial (et même cosmique). J’interroge ici ce que le discrédit du réalisme socialiste signifie pour l'avenir de la modélisation esthétique en tant que pratique. Pour répondre à cette question, j’examine la résilience du modèle dans les essais ultérieurs du scientisme soviétique, allant de l’art cinétique des années 1960 aux Jours d’éclipse d’Aleksandr Sokurov et à la récente Immortality for All d’Anton Vidokle.

17h35-18h05: Projection du film d’Anton Vidokle, The Communist Revolution Was caused by The Sun [La révolution communiste a été provoquée par Le Soleil], 2015, 33 min

La deuxième partie de la trilogie aborde la dimension poétique de la cosmologie solaire du biophysicien soviétique Alexander Chizhevsky. Tourné au Kazakhstan, où Chizhevsky a été emprisonné puis exilé, le film présente les recherches de Сhizhevsky sur l’impact des émissions solaires sur la sociologie humaine, la psychologie, la politique et l’économie sous forme de guerres, révolutions, épidémies et autres bouleversements. Le film suit la vie des habitants des zones rurales post-soviétiques et les projets futurologiques du cosmisme russe pour souligner que l'objectif des premières percées soviétiques visant à la conquête de l'espace extra-atmosphérique n'était pas tant une accélération technique qu’une lutte commune de l'humanité contre les limitations de la vie terrestre.

18h10–18h30: Q & R / discussion avec tous les participants et mot de la fin par Kaye Cain-Nielsen

 

 



DIMANCHE 3 FEVRIER

Projections et conversations de 16h30 à 20h30

   

16h30-17h10: Projection de Cosmic Slop: Space Traders, 1994, 33 min 28 sec

The Space Traders est une nouvelle de science-fiction du professeur de droit et écrivain Derrick Bell. Publié en 1992, elle a pour objet l’arrivée d’extraterrestres offrant aux États-Unis un large éventail d’avantages, tels que de l’or, l’énergie nucléaire propre et d’autres avancées technologiques, en échange d’une chose: la remise de tous les Noirs aux Etats-Unis aux aliens. L’histoire postule que le peuple et l’establishment politique états-uniens sont disposés à conclure cet accord et propose de soumettre celui-ci à référendum. «The Space Traders» a été adapté pour la télévision en 1994 par le réalisateur Reginald Hudlin et l'écrivain Trey Ellis. Il a été diffusé sur HBO en tant que segment principal de Cosmic Slop, une anthologie télévisuelle en trois parties consacrée à la science-fiction noire.


17h15-18h15: Extraits de Battleship Galactica, Westworld et Star Trooper; suivi d’une discussion Christelle Taraud et Kader Attia

Christelle Taraud montre et discute des extraits de ces séries et films de Scince Fiction, en discussion avec Kader Attia.

18h30-20h30: Projection du film de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, The Lebanese Rocket Society, 2013, 1 h 35 min; suivi d'une conversation avec Joana Hadjithomas

L’histoire de The Lebanese Rocket Society commence au début des années 1960 à l’Université Haigazian, une jeune université arménienne de Beyrouth, où un groupe d’étudiants dirigé par Manoug Manougian, professeur de mathématiques, crée la Société libanaise des fusées pour créer et lancer des fusées ayant pour objet l'étude et l'exploration de l'espace. Ce groupe produit la première fusée de la région. Le projet n'avait alors aucun caractère militaire et visait à promouvoir la science et la recherche. Cette aventure oubliée, qui paraît aujourd'hui plutôt incroyable, voire surréaliste, n'en était pas moins sérieuse. Entre 1960 et 1967, à l’époque de la course à l’espace et des idées révolutionnaires, plus de dix fusées à combustible solide ont été lancées du pays du Cèdre. Les lancements donnaient lieu à des célébrations. Pour commémorer le 21e anniversaire de l’indépendance du Liban, une série de timbres représentant la fusée Cedar IV a même été émise. La défaite arabe de 1967 mit toutefois fin à cette initiative.

 

 

 

 

 

[ENGLISH]

 

SATURDAY, FEBRUARY 2

 

Session One // 10:00–12:30

 

Introduced and moderated by Kader Attia

 

 

10:00–10:15: COFFEE

 

10:15–10:35: Opening of the symposium by Kader Attia

 

10:35–11:00: Rasha Salti – “Rogues, Pogues, and Troublemakers: The Re-Emergence of Arab Science Fiction”

While motifs of “science fiction” have been present in Arabic literature and letters since Ibn ‘Arabi’s The Meccan Revelations or al-Qazwini’s The Wonders of Creation (The Marvels of Creatures and Strange Things Existing) (thirteenth century), science fiction novels compliant to the western canon of the genre became popular in the Arab world only around the 1950s and 1960s. Seminal works, such Emile Habibi’s Pessoptimist (1974) and Ahmad al-Biqali’s The Blue Flood (1976) expanded the readership beyond the genre. In the aftermath of the US invasion of Iraq (2003), and most notably the counter-revolutions that followed the Arab Spring, new literary voices are reviving the genre, engaging with dystopia, alienation, satire, and subversive representation of the Real.

 

 

11:05–11:30: Jihan El-Tahri – “The Space between Magic and Technology”

The word “future” implies a linear path forward, whereas the corresponding Arabic word mostaqbal is a derivative of the word qabl meaning “before.”  Time, then, in our culture does not operate in a linear march towards tomorrow; it encapsulates both the present and the past. Given our rational western-based education, can we contest the western concept of “future”? Can our imaginary devise an alternative prospect for what is to come— even while using the tools imposed on us by the dominant western powers? Abu Bakarr Mansaray’s Evil Detector (2005) is an alternative form of artificial intelligence! Maybe it can become a household contraption; after all, isn’t Skype a scientific equivalent for a Sangoma?

Reflecting on moments from Ancient Egyptian inventions to Gamal Abdel Nasser’s secret nuclear program, I will discuss the imaginaries attempting to conceive of alternative “futures,” and question how we work towards finding new meanings for words like “progress” in ways that disentangle our tomorrow from the domination of the west.

 

11:35–12:00: Marie-Nour Hechaimé – “Feminisms in Rokeya Sakhawat Hossein’s Sultana’s Dream (1905)”

In her short story written in English, Rokeya Hossein depicts an alternative reality where men are kept in the inner parts of the house that, in the purdah tradition, would have been reserved for women; while women are in charge of political and economic affairs. Departing from a description of the novella and the context it was written in, this lecture will explore the narrative tools deployed to convey Rokeya Hossein’s feminist message. Although the literary genre of the SF utopian tale was common in the nineteenth century, the originality and importance of this work lie in the proposed balance between nature and technology and its proto eco-feminist undertones, critical of the Indian patriarchal system, British colonialism, mother-nation discourses and, the tangled relations they cultivate.

 

12:05–12:15: Ali Cherri, Pipe Dreams, 2015, 7 min

In a historic phone call between the late President Hafez al-Assad and the Syrian astronaut Mohammed Fares, we hear the father of the nation questioning the hero about his impressions as he looks down on the Syrian lands. A conversation that features the eternal leader, who, from the comforts of his office, casts a watchful eye on the children of the nation, even as they are thousands of miles away up in space. Twenty-five years later, at the beginning of the upheavals in Syria in 2011, the authorities, fearing vandalism, dismantled the statues of Hafez el Assad in the protesting towns. Haunted by the image of statues destroyed, from Joseph Stalin’s to Saddam Hussein’s, the regime tried to head off the inevitable, sacrificing the Symbol in order to safeguard the Image.

 

12:15–12:30: Q&A/discussion with participants, moderated by Kader Attia

 

12:30–13:30: LUNCH BREAK

 

 

Session Two 13:30–16:20

Introduced and moderated by Brian Kuan Wood

 

 

13:30–13:35: Introduction, Brian Kuan Wood

 

13:35–14:00: Bodhisattva Chattopadhyay  – “CoFutures: Pathways to Possible Presents (Comment #3)”

What does it mean to think about the future? In this talk, I look at various responses and ways of thinking about the future in a series of contemporary futurisms. Using these responses as framework, I present the possibility that what is being called for is a space for thinking about CoFutures (Complex, Coexisting, Coeval). Although it often picks up on similar strands of artistic production, CoFutures explicitly resists the “global SF” discourse, and it argues for possibilities that are politically, aesthetically, and epistemologically different from the global SF model. While technoscience remains a thorny problem in much of SF futurist imaginary owing to its imperial and globalitarian origins and demands, I argue that within CoFutures, a cult of technoscientific progress becomes nonessential in thinking about future time.


14:05–14:30: Julieta Aranda – “Shape-shifters: Small flowers crack concrete.”

I will concern myself with shape-shifting, and with the notion of “passing.”

What it is that is passed through, smuggled, counterfeited? Through which doorway? What are the implications of living in more than one world?

The angle I will use to broach the topic will be a series of updates to the classic definition of strength—which I will aim to broaden through the deployment of ideas of weakness, softness, flexibility.

Stretching, extending in several directions, shape-shifting. Extending North and South is not a sign of contradictions, but rather a material embodiment of the full complexity of being; what I call “vegetable resistance:”: phototropic, intelligent, resourceful. 

 
14:35–15:00: Mahan Moalemi – “Ethics of Time Travel: Toward A Comparative Futurism”

How do people from around the world approach the idea of the future? How is the colossal pull of an unknown future channeled through the differential caliber of regional histories? How does the future get again and again reconvened as a matter of common and conflicting interests? As a preliminary frame of reference, the project of “comparative futurism” looks into literary, artistic, intellectual, technological, and entrepreneurial examples from the traditions of Afrofuturism, Sinofuturism, and Gulf Futurism. Comparable and contrasting patterns of temporality and causality are traced in select histories of the future and identified in the accounts of popular expectation for social and political change. While the proposed notion of “chronocommons” will be discussed as an index of recognizable patterns of future orientation, chronopolitics will be examined within the framework of caring for coincidences across a transregional spectrum.


15:05–15:30: Maha Maamoun  – screening of 2026, 2010, 10 min, and Night Visitor: The Night of Counting the Years, 2011, 8 min; in conversation with Brian Kuan Wood

2026 Based on a text from the novel The Revolution of 2053: The Beginning (2007) by Egyptian author Mahmoud Osman, and referencing a scene from Chris Marker’s La Jetée (1962), a time-traveller recounts his vision of the future of the Pyramids area, and by extension Egypt, in the year 2026— a vision that strains to reach beyond, yet remains severely confined by, the present’s imaginal constraints.

Night Visitor: The Night of Counting the Years On the 5th of March, 2011, Egyptian state security buildings were stormed by hundreds of men and women who feared that officers inside were destroying incriminating evidence. Looking through the footage recorded and uploaded on Youtube by these visitors, different narratives of this highly charged political space and moment emerge. Cellphone cameras reveal glimpses of the actions and desires of the past tenants of this space, be they the arrestors or the arrested, as well as the psychological space carved by these buildings and their inhabitants in contemporary history and imaginary.

 

15:30–15:40: Q&A/discussion with all participants, moderated by Brian Kuan Wood

 

15:45–16:00: COFFEE BREAK

 

Session Three 16:00–18:30

introduced and moderated by Kaye Cain-Nielsen

 

16:00–16:05: Introduction, Kaye Cain-Nielsen

 

16:05–16:30: Kodwo Eshun – “To Win the War, You Fought it Sideways: Kojo Laing’s Major Gentl and the Achimota Wars

 

16:35–17:00: Chantal Pontbriand – “Beyond Language(s)”

Science fiction is a way to address what is out there in the great beyond, the cosmos, any other "foreign place", or unfamiliar, even remote, situation. Hence, what is there "Beyond" and how do you deal with it? The challenge, which has a socio-political as well as a metaphysical dimension, includes coming to terms with the past (and its many colonialisms), the present (and new forms of colonialisms, including technologies) and the inevitable future. The remoteness can manifest itself in many ways.  A major factor is language, as therein lies our ability to relate one to the other. So how is it when a "common" language is non-existent, not yet formed, or if the language of the other is unknown to oneself (or to anyone else), totally opaque, or even unformed as it may be in the eye of the other. Filmmaker Daniel Villeneuve completely grasped this no man's land in his recent film THE ARRIVAl.  As a major encounter with the big Other is announced as something is bound to happen, US Intelligence and Army call upon a woman linguist to enable contact with an outsider force coming from some other galaxy. How does she succeed ? Through her visual litteracy, drawing, graphikos as the Ancient Greeks would put it. The beginnings of a demos...an instigation of the Common.

 

17:05–17:30: Robert Bird – “Modeling a Non-Colonialist Future”

From early on the task of revolutionary liberation in Russia was inextricably linked to scientific speculation and science fiction. In Vladimir Tatlin’s 1919 Model for a Monument to the Third International or Yakov Protazanov’s 1924 Aelita the international address of communism was read as an interstellar promise. Producing an effective model of social justice on Earth required an accurate model of the cosmos as a whole. Under socialist realism, however, from the 1930s onwards, this radical imagination in Soviet cinema appears to undergird a form of global (and even cosmic) neo-colonialism. I ask what the discrediting of socialist realism means for the future of aesthetic modeling as a practice. To address this question I examine the resilience of the model in later retrievals of Soviet scientism, from the kinetic art of the 1960s to Aleksandr Sokurov’s Days of Eclipse and Anton Vidokle’s recent Immortality for All.

 

17:35–18:05: Anton Vidokle, The Communist Revolution Was caused by The Sun, 2015, 33 min

This second part of Vidokle’s trilogy on Russian cosmism looks at the poetic dimension of solar cosmology of Soviet biophysicist Alexander Chizhevsky. Shot in Kazakhstan, where Chizhevsky was imprisoned and later exiled, the film introduces Сhizhevsky’s research into the impact of solar emissions on human sociology, psychology, politics, and economics in the form of wars, revolutions, epidemics, and other upheavals. The film aligns the life of post-soviet rural residents and the futurological projects of Russian cosmism to emphasize that the goal of the early Soviet breakthroughs aimed at the conquest of outer space was not so much technical acceleration, but the common cause of humankind in their struggle against the limitations of earthly life.

 

18:10–18:30: Q&A/discussion with participants and closing notes by Kaye Cain-Nielsen

 

 

SUNDAY, FEBRUARY 3

 

Screenings and conversations 16:30–20:30

16:30–17:10: Cosmic Slop: Space Traders, 1994, 33 min 28 sec

“The Space Traders” is an science fiction short story by law professor and writer Derrick Bell. Published in 1992, its subject is the arrival of extraterrestrials that offer the United States a wide range of benefits such as gold, clean nuclear power, and other technological advances in exchange for one thing: the handing over of all black people in the U.S. to the aliens. The story posits that the people and political establishment of the U.S. are willing to make this deal, passing a referendum to enable it. “The Space Traders” was adapted for television in 1994 by director Reginald Hudlin and writer Trey Ellis. It aired on HBO as the leading segment of Cosmic Slop, a three-part television anthology focusing on Black science fiction.

BREAK

 

17:15–18:15: Christelle Taraud in conversation with Kader Attia; with excerpts from Battlestar Galactica (2004-2009), Westworld (2016-present), and Starship Troopers (1997)

Christelle Taraud shows and discusses excerpts from these American science fiction television and film series, in conversation with Kader Attia.

 

BREAK

18:30–20:30: Joana Hadjithomas and Khalil Joreige, The Lebanese Rocket Society, 2013, 1 hr 35 min; and Q&A with Joana Hadjithomas

The adventure of the Lebanese Rocket Society began, in the early sixties, at Haigazian University, a young Armenian University in Beirut, where a group of students led by Manoug Manougian, a professor of mathematics, set up the Lebanese Rocket Society to create and launch rockets for space study and exploration. They produced the first rocket of the region. The project had no military character and was aimed at promoting science and research.
This forgotten adventure, which appears nowadays rather unbelievable and surrealistic, was nevertheless a serious one. Between 1960 and 1967, at the time of the Space Race and revolutionary ideas, more than ten solid fuel Cedar rockets were launched. The launchings gave rise to celebrations. To commemorate the 21st anniversary of Lebanon’s independence, a set of stamps representing the Cedar IV rocket was even issued. The Arab defeat of 1967, however, put an end to the initiative.

 

 

 

BIOGRAPHIES [EN BELLOW]

 

Julieta Aranda
Julieta Aranda questionne par sa pratique les mécanismes de circulation et l’idée d’une «poétique de la circulation»; Y sont centraux son intérêt pour la science-fiction, les voyages dans l’espace et les zones de friction; la possibilité d'une subjectivité politisée à travers la perception et l'utilisation du temps, et la notion de pouvoir sur l'imaginaire. Les œuvres de Julieta Aranda vont de l’installation, à la vidéo en passant par les œuvres imprimées. Elle porte un intérêt particulier à la création et la manipulation d’échanges artistiques et à la subversion des notions traditionnelles de commerce par la création artistique. En tant que rédactrice de la revue e-flux et co-directrice de la plateforme en ligne e-flux avec Anton Vidokle, Julieta Aranda a développé les projets de location de vidéos Global Contemporary Travel, Time / Bank, Pawnshop et e-flux video rental, projets qui pour la plupart commencèrent dans la vitrine e-flux de New York avant de voyager à travers le monde. En sus de ses nombreuses expositions dans des galeries, les œuvres de Julieta Aranda ont été exposées dans le monde entier, notamment à Martin Gropius Bau, Berlin (2019); Momentum Biennale, Norvège (2019), FACT Liverpool (2018), PAM - Art public de Munich (2018), Musée d'Art Contemporain, Détroit (2017), CAP Bordeaux (2018), Der Tank, Bâle (2016), Guggenheim Museum ( 2015, 2009), 56ème Biennale de Venise (2015), Kunsthalle Fridericianum, Kassel (2015), 8ème Biennale de Berlin (2014), Musée Berardo, Lisbonne (2014), Witte de With (2013 et 2010), Museo d'Arte Contemporanea Villa Croce, Genova (2013), MACRO Roma (2012) Documenta 13 (2012), NBK (2012), Biennale de Gwangju (2012), 54ème Biennale de Venise (2011), Biennale d'Istanbul (2011), Portikus, Francfort (2011), Nouveau musée NY (2010), Kunstverein Arnsberg (2010), MOCA Miami (2009), Musée d’art contemporain, Chicago (2007), 2e Biennale de Moscou (2007) MUSAC, Espagne (2010 et 2006) et VIIe Biennale de Havanna; parmi beaucoup d'autres.

Kader Attia est un artiste franco-algérien vivant entre Berlin et Alger. Ses recherches socioculturelles ont conduit Kader Attia à la notion de réparation, un concept qu’il a développé philosophiquement dans ses écrits et symboliquement dans son œuvre d’artiste plasticien. En 2016, Kader Attia a fondé La Colonie, un espace de partage et de discussion, une agora pour penser le monde. En 2016, Kader Attia a reçu le prix Marcel Duchamp, suivi du prix de la Fondation Miró, Barcelone, et du prix artistique Yanghyun, à Séoul, en 2017.

Robert Bird est professeur aux départements de langues et littératures slaves et de cinéma et médias de l'Université de Chicago. Robert Bird s’intéresse principalement à la pratique esthétique et la théorie du modernisme russe / soviétique. Il a publié des ouvrages et des essais sur divers sujets autour de la littérature russe, de l'histoire intellectuelle, du cinéma et de l'art vidéo. Plus récemment, il était co-éditeur (avec Christina Kiaer et Zachary Cahill) de Revolution Every Day: un calendrier (Mousse Publishing, 2017), le catalogue de l'exposition éponyme du Smart Museum of Art de l'Université de Chicago. Il est en train de terminer un livre intitulé «Soul Machine: Soviet Film Models Socialism», qui analyse la montée du réalisme socialiste en tant qu’esthétique modéliste, et commence un nouveau livre intitulé «Underground: l’histoire d’une image conceptuelle».

Kaye Cain-Nielsen est rédacteur en chef de la revue e-flux

Bodhisattva Chattopadhyay est chercheur au département d'études culturelles et de langues orientales de l'Université d'Oslo. Il est également corédacteur de la publication Études sur la fiction de genre mondiale (Routledge) et corédacteur en chef de Fafnir: Journal nordique de la science-fiction et de la recherche fantastique. Il a publié de nombreux articles sur la SF dans des revues telles que Science Fiction Studies, Revue du fantastique dans les arts et Foundation. Il est l'un des trois membres fondateurs du groupe de recherche sur les arts The Kalpana avec Goutam Ghosh et Susanne M. Winterling.

Ali Cherri est un vidéaste et artiste visuel. Ses travaux ont été présentés dans différentes expositions internationales, dont But a Storm is Blowing from Paradise à la Galerie d'Art moderne de Milan, Somniculus au Jeu de Paume et au CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux, From Fragments to Whole au Jönköpings Läns Museum - Suède, Anarchéologie au Centre Pompidou, Tous des sang-mêlés, MacVal, But a Storm is Blowing from Paradise, Guggenheim New York, Home Beirut au MAXXI Rome, Aichi Triennial – Japon, Taxonomie Fallacieuse au Musée Sursock - Beyrouth, Recent Acquisitions au MACBA, Lest The Two Seas Meet Warsaw Museum of Modern Art, Songs of Loss and Songs of Love au Gwangju Museum of Art. Il est titulaire du Harvard University’s Robert E. Fulton Fellowship (2016), du prix de la Fondation Rockefeller (2017) et du prix Abraaj Group Art (2018).

Kodwo Eshun est maître de conférences en théorie de l’art contemporain à Goldsmiths de l’Université de Londres, professeur à la Haute Ecole d’art et de design de Genève et cofondateur de The Otolith Group. Il est co-éditeur de The Fisher Function (2017), Post Punk Then and Now (2016), The Militant Image: A Cine-Geography: Third Text, Vol. 25 (2011), Harun Farocki: Against What? Against Whom (2010), de The Ghosts of Songs: The Film Art of the Black Audio Film Collective 1982–1998 (2007), et l’auteur de Dan Graham: Rock My Religion (2012), et de More Brilliant than the Sun: Adventures in Sonic Fiction (1998).
 

Marie-Nour Hechaimé est franco-libanaise et travaille dans le monde de l’art contemporain. Elle est actuellement coordinatrice du programme et de la rédaction chez Mophradat. Auparavant, elle a travaillé pour Ashkal Alwan (Beyrouth) et Council (Paris), et a collaboré avec La Colonie (Paris) et Arts Collaboratory, un écosystème de 25 organisations axées sur la gouvernance collective. Avocate de formation, elle a également participé en 2017-18 à SPEAP, le programme expérimental en arts et politique fondé par Bruno Latour.

Mahan Moalemi est écrivain et commissaire. Ses recherches explorent les rencontres possibles entre les cultures visuelles globales et les études critiques futures. Il faisait auparavant partie de l'équipe des organisateurs de kaf, un espace de projet informel à Téhéran (2010-2015). Il est corédacteur de Ethnofuturismen (Merve Verlag, 2018) et ses écrits ont été publiés dans Cabinet, Domus, Spike Art Quarterly et dans un certain nombre de publications artistiques et littéraires en Iran.

Maha Maamoun travaille le texte, les images fixes et animées. Elle s’intéresse à la forme, à la fonction et à l’actualité des images visuelles et littéraires et à la manière dont elles façonnent le tissu culturel dans lequel nous tissons et que nous tissons. Elle collabore également à des projets de publications et de commissariat. En 2004, elle a cofondé le Contemporary Image Collective (CiC), un espace d'art à but non lucratif au Caire. En 2012, elle a cofondé Kayfa ta: une initiative de publication indépendante et une série de livres. Son travail a été présenté lors d'expositions et de biennales, notamment Constructing the world: Art and economy, 1919-1939 et 2008-2018 - Kunsthalle Mannheim (2018); Strange Days: Souvenirs du futur - Store X et au New Museum (2018); Le temps est fini - Fondation pour l'art de Sharjah (2016); Siècle de siècles - SALT (2015); Like Milking a Stone - Galerie Rosa Santos (2015); The Night of Counting the Years - Fridricianum (2014); Ten Thousand Wiles and a Hundred Thousand Tricks, Meeting Points ; Forum Expanded - Berlinale 64; Transmediale, parmi de nombreux autres.

Chantal Pontbriand est commissaire d’expositions et d'événements, critique d'art, et consultante en art contemporain.  Son travail explore des problématiques de mondialisation et d'hétérogénéité artistique. Elle a été commissaire de nombreux événements internationaux, expositions, festivals et colloques, principalement dans les champs de la photographie, l'installation multimédia, la vidéo, la performance et la danse. Elle est directrice-fondatrice de la revue d'art contemporain PARACHUTE, dont elle a coordonné 125 numéros entre 1975 et 2007. Après avoir mis-sur-pied plusieurs évènements en rapport avec la performance, elle a co-fondé et dirigé le FIND (Festival international de nouvelle danse) à Montréal, de 1982 à 2003. Entre 2005 et 2015, elle a vécu à Paris et à Londres. En 2010, elle a été nommée Head of Exhibition Research and Development à la Tate Modern à Londres, et a fondé par la suite Pontbriand W.O.R.K.S. [We_Others and Myself_Research_Knowledge_Systems] regroupant ses activités de commissaire, de critique et de consultante. Elle a été Professeur Associé à la Sorbonne/Paris IV en études curatoriales de 2012 à 2015. En 2015-2016, elle a travaillé au développement de Demo-Graphics, un événement international en art contemporain prévu pour le Greater Toronto Area, et, brièvement, a occupé le poste nouvellement créé de Présidente-directrice du MOCA_Toronto_Canada. Depuis 2017, elle développe SPHERE(S), un nouveau type d’événement international en art contemporain, qui sera basé à Montréal, et écrit un livre intitulé EXIL(E], migration and aesthetics.

Rasha Salti est écrivaine et commissaire d’art et de cinéma. Elle vit et travaille entre Beyrouth et Berlin.

Jihan El Tahri est une réalisatrice, écrivaine, artiste visuelle et producteur primée. En 2017, elle a été invitée à rejoindre l'Académie des arts et des sciences (The Oscars). Son travail récent en tant qu'artiste en arts visuels comprend des expositions en France (Centre Pompidou), à Berlin (HKW et IFA Gallery), en Norvège (Musée National), au Mexique (San Ildefonso) et en Pologne (Moma). El Tahri a commencé sa carrière en tant que correspondante à l'étranger dans le domaine de la politique au Moyen-Orient. En 1990, elle a commencé à diriger et à produire des documentaires pour des diffuseurs internationaux. Parmi ses documentaires primés figurent Nasser, Behind the Rainbow, Cuba, une odyssée africaine et The House of Saud. Ses écrits incluent Les Sept Vies de Yasser Arafat (Grasset) et Israel and the Arabs, The 50 Years war (Penguin). Elle a été trésorière de la Guilde des cinéastes africains de la diaspora, conseillère du premier programme Afrique de Focus Feature et secrétaire régionale de la Fédération du cinéma panafricain (FEPACI).

Christelle Taraud est maîtresse de conférence à Columbia et New-York University à Paris et est également membre du Centre d'Histoire du XIXe siècle (Universités Paris I et Paris IV). Elle travaille essentiellement sur les femmes, le genre et la sexualité en contexte colonial au Maghreb. Christelle Taraud est l'auteure de La prostitution coloniale. Algérie, Tunisie, Maroc de 1830 à 1962 (Paris, Payot, 2003 et 2009)Femmes d'Afrique du Nord. Cartes Postales (1885-1930), Bleu autour (2006); "Amour Interdit". Marginalité, prostitution, colonialisme. (Maghreb, 1830-1962), Payot (2012) et Sexe, Race et Colonies. La dommination des corps du XVe siècle à nos jours. (La Découverte, 2018).

 

Anton Vidokle (né en 1965, Russie) est un artiste basé à New York et à Berlin. Fondateur de e-flux et de la revue e-flux, il a réalisé des projets tels que The Martha Rosler Library 2005-2006, Pawnshop 2007, unitednationsplaza 2008-09 et Time / Bank 2010. Le travail de Vidokle a été exposé dans le monde entier à la Documenta 13 et au 56ème Biennale de Venise. Ses films ont été projetés à l’Assemblée de Bergen; à la Biennale de Shanghai; la Biennale d'Istanbul; au Witte de With, Rotterdam; au Musée d'art moderne de Varsovie; au Festival international du film de Berlinale; au Stedelijk Museum, Amsterdam; à la Biennale de Gwangju; au Festival de Locarno; et au Centre Pompidou, au Haus Der Kulturen Der Welt, Berlin; au Garage Museum, Moscou et à la Tate Modern, entre autres.

Brian Kuan Wood est un écrivain et éditeur de la revue e-flux.

BIOGRAPHIES

 

Julieta Aranda Central to Aranda’s practice are her involvement with circulation mechanisms and the idea of a “poetics of circulation;” her interest in science-fiction, space travel, and zones of friction; the possibility of a politicized subjectivity through the perception and use of time; and the notion of power over the imaginary. Aranda’s work spans installation, video, and print media with a special interest in the creation and manipulation of artistic exchange and the subversion of traditional notions of commerce through artmaking. As an editor of e-flux journal, and co-director of the online platform e-flux together with Anton Vidokle, Julieta Aranda has developed the projects Global Contemporary Travel, Time/Bank, Pawnshop, and e-flux video rental, most of which started in the e-flux storefront in New York, and have travelled to many venues worldwide. In addition to her many gallery exhibitions, Aranda's work has been exhibited internationally, most recently in venues such as Martin Gropius Bau, Berlin (2019); Momentum Biennale, Norway (2019); FACT Liverpool (2018); PAM Public Art Munich (2018); Museum of Contemporary Art, Detroit (2017); CAPC Museum of Contemporary Art, Bordeaux (2018); Der Tank, Basel (2016); Guggenheim Museum (2015, 2009); 56th Venice Biennale (2015); Kunsthalle Fridericianum, Kassel (2015); 8th Berlin Biennale (2014); among many others.

Kader Attia is a French-Algerian artist living between Berlin and Algiers. His socio-cultural research has led him to the notion of Repair, a concept he has been developing philosophically in his writings, and symbolically in his work as a visual artist. In 2016, Kader Attia founded La Colonie in Paris, a space for sharing ideas and an agora for vivid discussion. Attia was awarded the Marcel Duchamp Prize, Paris (2016), the Miró Foundation Prize, Barcelona (2016), and the Yanghyun Art Prize, Seoul (2017).

Robert Bird is Professor at the Department of Slavic Languages and Literatures and Cinema and Media Studies at The University of Chicago. Robert Bird’s primary area of interest is the aesthetic practice and theory of Russian/Soviet modernism. He has published books and essays on a variety of topics in Russian literature, intellectual history, film, and video art. Most recently he was co-editor (with Christina Kiaer and Zachary Cahill) of Revolution Every Day: A Calendar (Mousse Publishing, 2017), the catalogue to the eponymous exhibition at the Smart Museum of Art at the University of Chicago. He is currently completing the book Soul Machine: Soviet Film Models Socialism, which analyzes the rise of socialist realism as a modeling aesthetic, and beginning a new book titled Underground: The History of a Conceptual Image.

Kaye Cain-Nielsen is an editor of e-flux journal.

Bodhisattva Chattopadhyay is Researcher at the Department of Culture Studies and Oriental Languages, University of Oslo. He is the series co-editor of Studies in Global Genre Fiction (Routledge), and co-Editor-in-Chief of Fafnir: Nordic Journal of Science Fiction and Fantasy Research. He has published widely on SF in journals such as Science Fiction Studies, Journal of the Fantastic in the Arts, and Foundation. He is one of the three founding members of the arts research group The Kalpana with Goutam Ghosh and Susanne M. Winterling.

Ali Cherri is a video and visual artist. His works have been shown in international exhibitions such as But a Storm is Blowing from Paradise at the Modern Art Gallery of Milan, Somniculus at the Jeu de Paume (Paris) and at the CAPC Museum of Contemporary Art (Bordeaux), From Fragments to Whole at the Jönköpings Läns Museum (Jönköping, Sweden), Anarchéologie at the Centre Pompidou (Paris), Tous des sang-mêlés, MacVal Museum (Vitry-sur-Seine, France), But a Storm is Blowing from Paradise, Guggenheim (New York), Home Beirut at MAXXI (Rome), Taxonomie Fallacieuse at the Sursock Museum (Beirut), Recent Acquisitions at MACBA (Barcelona), Lest The Two Seas Meet at the Warsaw Museum of Modern Art, and Songs of Loss and Songs of Love at the Gwangju Museum of Art.  Cherri was a Robert E. Fulton Fellowship at Harvard University (2016), and was awarded the Rockefeller Foundation Prize (2017) and the Abraaj Group Art Prize (2018).

Kodwo Eshun is Lecturer in Contemporary Art Theory at Goldsmiths, University of London, Professor at Haut Ecole d’Art et Design, Geneva, and co-founder of The Otolith Group. He is co-editor of The Fisher Function (2017), Post Punk Then and Now (2016), The Militant Image: A Cine-Geography: Third Text, Vol. 25 (2011), Harun Farocki: Against What? Against Whom (2010), and The Ghosts of Songs: The Film Art of the Black Audio Film Collective 1982–1998 (2007), and author of Dan Graham: Rock My Religion (2012), and More Brilliant than the Sun: Adventures in Sonic Fiction (1998).

Marie-Nour Hechaimé is a French-Lebanese contemporary art worker. She is currently the Program and Editorial Coordinator at Mophradat (Brussels). She previously worked at Ashkal Alwan (Beirut) and Council (Paris), and collaborated with La Colonie (Paris), and Arts Collaboratory, an ecosystem of 25 organizations focused on collective governance. A trained lawyer, she was also a 2017-18 participant in SPEAP, the Experimental Program in Arts and Politics founded by Bruno Latour.

Mahan Moalemi is a writer and curator. His research explores possible encounters between global visual cultures and critical future studies. He was previously part of the team of organizers at kaf, an informal project space in Tehran (2010–2015). He is co-editor of Ethnofuturismen (Merve Verlag, 2018) and his writings have appeared in Cabinet, Domus, Spike Art Quarterly, and a number of art and literary publications in Iran.

Maha Maamoun works with text and still and moving images. She’s interested in the form, function, and currency of common visual and literary images, and how they shape the cultural fabric that we weave and are weaved into. She also works collaboratively on publishing and curatorial projects. In 2004, she co-founded the Contemporary Image Collective (CiC), a non-profit art space in Cairo. In 2012, she co-founded Kayfa ta, an independent publishing initiative and book series. Her work has been shown in exhibitions and biennials including Constructing the world: Art and economy 1919-1939 and 2008-2018, Kunsthalle Mannheim (2018); Strange Days: Memories of the Future, Store X and New Museum (New York, 2018); The Time is Out of Joint, Sharjah Art Foundation (2016); Century of Centuries, SALT (Istanbul, 2015); Like Milking a Stone, Rosa Santos Gallery (Valencia, 2015); The Night of Counting the Years, Fridricianum (Kassel, 2014); Ten Thousand Wiles and a Hundred Thousand Tricks, Meeting Points 7 (2014); Forum Expanded, Berlinale 64 (2014); Transmediale (Berlin, 2014 and 2019); among many others.

Chantal Pontbriand is a contemporary art curator, critic, and art consultant whose work is based on the exploration of questions of globalization and artistic heterogeneity. She has curated numerous international contemporary art exhibitions, festivals, and conferences, mainly in photography, video, performance, dance, and multimedia installation. She was a founder of the contemporary art magazine Parachute in 1975, where she acted as publisher/editor until 2007, publishing 125 issues; and a co-founder of FIND (Festival International de Nouvelle Danse), in Montreal where was president and director from 1982 to 2003. In 2010, she was appointed Head of Exhibition Research and Development at Tate Modern, London; and in 2012, she founded PONTBRIAND W.O.R.K.S (We_Others and Myself_ Research_Knowledge_Systems). In 2015-2016, she worked on the development of the biennial Demo-Graphics for the Greater Toronto Area, and briefly, as CEO-Director at the Museum of Contemporary Art in Toronto. Since 2017, she has been developing Sphere(s), a new type of international art event based in Montreal, and is currently writing a book titled EXIL(E], migration and aesthetics.

Rasha Salti is a writer and curator of art and film. She lives and works between Beirut and Berlin.

Jihan El Tahri is a writer, visual artist, film director, and producer. Her visual work has been shown in exhibitions worldwide, most recently at the Centre Pompidou (Paris), HKW and IFA Gallery (Berlin), the National Museum of Art, Archirecture, and Design (Oslo), Museo San Ildefonso (Mexico City), and the Museum of Modern Art (Warsaw). El Tahri started her career as a foreign correspondent covering Middle East politics, and in 1990 began directing and producing documentaries for international broadcasters. Her award-winning documentaries include Nasser, Behind the Rainbow, Cuba: An African Odyssey, and The House of Saud.  Her writings include Les Sept Vies de Yasser Arafat (Grasset), and Israel and the Arabs, The 50 Years war (Penguin). El Tahri has served as treasurer of the Guild of African Filmmakers in the Diaspora, as advisor on Focus Feature’s first Africa Program, as regional secretary of the Federation of Pan African Cinema (FEPACI), and in 2017, as jury member of the American Academy Awards.

Christelle Taraud is lecturer at Columbia and New York University in Paris. She is also a member of the Center for Historical Research of the Nineteenth Century (Universities of Paris I and IV). Her work centers on women, gender, and sexuality in the colonial Maghreb. She is also the author of Colonial Prostitution: Algeria, Tunisia, and Morocco from 1830 to 1962 (Payot, 2003 and 2009); The Women of North Africa: Postcards (1885-1930) (Bleu Autour, 2006 and 2011); “Forbidden Love” – Prostitution, Marginality, and Colonialism: the Maghreb from 1830 to 1962 (Payot, 2012), and Sex, Race and Colonies. The body domination, 15th century to present (La Découverte, 2018).

Anton Vidokle is an artist based in New York and Berlin. As founder of e-flux and e-flux journal, he has produced projects such as the Martha Rosler Library 2005 -2006, Pawnshop 2007, unitednationsplaza 2008-09 and Time/Bank 2010. Vidokle’s work has been exhibited internationally at Documenta 13 and the 56th Venice Biennale. His films have been screened at Bergen Assembly; Shanghai Biennale; Istanbul Biennial; Witte de With, Rotterdam; Museum of Modern Art, Warsaw; Berlinale International Film Festival; Stedelijk Museum, Amsterdam; Gwangju Biennale; Locarno Festival; and Centre Pompidou, Haus Der Kulturen Der Welt, Berlin; Garage Museum, Moscow; and Tate Modern, among others.

Brian Kuan Wood is a writer and editor of e-flux journal.