Performance

Dimanche

2 décembre

17h > 19h

Seloua Luste Boulbina

Décolonisation : autour des Miroirs vagabonds

Littérature Philosophie

La décolonisation des savoirs a déjà commencé. Cette grande transformation n’est ni devant nous, tel un programme à initier, ni derrière nous, tel un processus achevé. Elle est à l’œuvre.  Les arts visuels, la musique, la littérature montrent des chemins. Seloua Luste Boulbina discute de son dernier livre avec Dominique Malaquais et Eva Barois De Caevel. Performances de Myriam Mihindou et Kahena Sanaâ.

 

Programme :

 

◼︎ 17h - 17h30 : Performance de Kahena Sanaâ : « Ruminations »

« Une idée indigeste remonte le long de l’œsophage pour atteindre la bouche qui mâche et remâche ce qui a été englouti jusqu’à sa digestion. Durant le long processus d’une recherche doctorale, les fichiers s’accumulent, les brouillons s'empilent, fruit de lentes ruminations. On picore un article, on broute un livre, on ressasse un paragraphe, on mastique une phrase, on grignote une citation, on ronge une image. Progressivement, la fermentation prend forme… »

 

◼︎ 17h30 - 18h30 : Conversation autour du livre de Seloua Luste Boulbina : Les miroirs vagabonds ou la décolonisation des savoirs (arts, littérature, philosophie), Les presses du réel, 2018.

Avec Eva Barois de Caevel et Dominique Malaquais.

 

◼︎ 18h30 - 19h : Performance de Myriam Mihindou : "Performance marges et miroir"  (au regard du livre de Seloua Luste Boulbina)

* ‘Les lignes d’erre ’, lignes d’aires, lignes d’air 

C’est au NOUS de séparer le bon grain de l’ivraie, ce NOUS autres, nés multiples dans l’eau vibrante de la boue.

* La carte de Deligny

 

 « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, 

ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir. »

Et venant je me dirais à moi-même : 

« Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous 

croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas 

un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un 

homme qui crie n'est pas un ours qui danse... »

Et voici que je suis venu ! 

 

Aimé Césaire (1913 - 2008) : "Je retrouverais le secret des grandes communications…"

 

Kahena Sanaâ est pasticienne et docteure en Arts plastiques et sciences de l’art à l'Université Paris1-Sorbonne, c'est à partir de son expérience vécue de déplacement territorial, de Tunis à Paris, arrivée après son diplôme aux Beaux-Arts de Tunis, que s'origine sa recherche. Elle poursuit une démarche artistique alternant la performance et la vidéo, où il s'agit d'observer et de questionner les mises en scène du corps urbain depuis le pas de côté convoqué par le regard de l’«étrangère». Son travail s'articule notamment autour de l’intrication entre l'art de la performance et la recherche universitaire. Elle est membre active du Laboratoire du Geste et du laboratoire EsPAS (Paris1), plateforme alliant pratique expérimentale et réflexion théorique autour des arts visuels et des arts vivants.

 

Myriam Mihindou est une artiste pluridisciplinaire. Franco-gabonaise, elle fonde son expérimentation artistique sur la notion de limite. Nomade, elle s'approprie les espaces, les incarne, nous donnant à voir des états de passage, initiatiques, cathartiques. La question du corps se rapporte alors à la mémoire, à l'identité et au territoire. Production « trans-émotionnelle » intégrant une dimension politique, le corps de l'œuvre entraîne par-delà les limites tangibles.

 

Dominique Malaquais est Chargée de recherche au CNRS (Institut des mondes africains, Paris) et, avec Kadiatou Diallo, co-dirige la plateforme curatoriale expérimentale SPARCK (Space for Pan-African Research, Creation and Knowledge). Elle s’intéresse aux intersections entre violences politiques, inégalités économiques et élaborations de cultures urbaines à l’ère du capitalocène. Parmi ses projets récents : réflexions sur les échanges entre Afrique et Asie à travers les arts visuels, la littérature, l’urbanisme et la spiritualité : Kinshasa Chroniques, 2018; Afrique-Asie:  arts, espaces, pratiques, co-dirigé avec Nicole Khouri, 2016); Archive (re)mix (2015).

 

 

Eva Barois De Caevel (1989, France) est commissaire d’exposition indépendante, auteure et éditrice. Ses champs de travail sont le féminisme, les études post-coloniales, le corps et les sexualités, la critique de l'histoire de l'art occidentalo-centrée ainsi que le renouvellement de l'écriture et de la parole critique. Elle essaie de faire son travail « en ayant toujours à l’esprit les relations de pouvoir entre continents, pays, personnes », et dit essayer de les transformer dès qu'une petite prise de pouvoir s’amorce. Diplômée de l’Université Paris Sorbonne Paris IV en Histoire de l’art, elle est commissaire assistante pour RAW Material Company et coordinatrice de la RAW Académie (Sénégal) ; éditrice et conseillère pour l’Institute for Human Activities (Congo, Pays-Bas, Belgique) ; et commissaire invitée pour LagosPhoto 2018 (octobre-novembre 2018, Nigéria). Eva est l'une des fondatrices du collectif international de commissaires Cartel de Kunst, créé en 2012, et basé à Paris. Elle a été lauréate du ICI Independent Vision Curatorial.

 

Seloua Luste Boulbina est philosophe, ancienne directrice de programme (« La décolonisation des savoirs ») au Collège International de philosophie à Paris (2010-2016), actuellement chercheuse (HDR) à l’Université Paris Diderot. Théoricienne de la décolonisation, elle travaille sur les dimensions politiques, intellectuelles et artistiques des situations coloniales et postcoloniales . Elle a enseigné à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, à l’Université  Beishida de Pékin (2013) ainsi qu’à l’Université de Brasilia (2018). Elle est l’auteure de : Les Miroirs vagabonds ou la décolonisation des savoirs (arts, littérature, philosophie) (Les Presses du réel, 2018), L’Afrique et ses fantômes, Écrire l’après (Présence Africaine, 2015), Les Arabes peuvent-ils parler ? (Blackjack 2011, Payot Poche 2014), Le Singe de Kafka et autres propos sur la colonie (Sens Public, 2008) et Grands Travaux à Paris (La Dispute, 2007). Elle a dirigé de nombreux ouvrages. Le dernier : Dix penseurs africains par eux-mêmes (Chihab, 2016).

 

Illustration : Détail d'une toile de M'hamed Issiakhem