Séminaire

Lundi

17 décembre

18h30 > 21h

Université Décolonisons les arts: Hors-Série

Qui représente l'Histoire ? Qui parle pour qui ?

Colonisation Résistances

L'association Décoloniser les arts organise sa troisième université dans une version hors-série ! Rencontre avec Maya Cousineau-Mollen et Kim O'Bomsawin, artistes des Premières Nations du Canada, pour échanger sur la représentation des minorités, le positionnement et la responsabilité des artistes quand il s'agit de s'emparer des sujets historiques ou mémoriels.

 

« Peut-être sommes-nous saturés d'entendre les autres raconter notre histoire. »

 

En juillet dernier, les metteur.e.s en scène Robert Lepage et Ariane Mnouchkine annoncent que la pièce de Lepage Kanata sera jouée au Théâtre du Soleil (elle débute samedi 15 décembre 2018). Au Canada, parmi les peuples autochtones, des artistes, des responsables du monde culturel et muséographique, des cinéastes et des universitaires ainsi que le directeur artistique du festival Présence autochtone leur adressent alors une lettre ouverte : « Encore une fois, l'aventure se passera sans nous, les Autochtones » (Le Devoir, juillet 2018). Elles et ils s'étonnent de ne pas avoir été consulté.es et qu'aucun.e autochtone n'ait été invité.e à jouer.

 

Fidèle à son principe de ne pas « parler à la place des autres », l'association Décoloniser les Arts – maintes fois sollicitée pour s'exprimer sur la polémique qui s'est développée durant l'été autour de la lettre des artistes autochtones, interprétée à tort comme de la censure a invité deux des signataires à prendre la parole en France sur les questions de narration et de représentation des Premières Nations.

 

Cette rencontre permettra d'aborder des notions telles que la représentation des minorités, le positionnement ou encore la responsabilité des artistes quand il s'agit de s'emparer de sujets historiques ou mémoriels.

 

◼︎ Maya Cousineau-Mollen est une Innue originaire de la communauté de Ekuanitshit (Mingan), dans la région de la Basse-Côte-Nord du Québec qui se décrit ainsi: « Très jeune j'ai été adoptée par une famille québécoise très aimante et ouverte aux autres cultures. J'aime le dépaysement et les voyages... ». Son dernier voyage l'a menée à Banff (Alberta) où elle a participé à une résidence d'écrivains autochtones en début de carrière (2007). Cette expérience l'a fait « sortir du placard » et lui a finalement permis de se voir comme une artiste et une écrivaine. Elle travaille actuellement à Sept-îles (Québec) comme agente aux affaires autochtones pour la Comission de la construction du Québec. Elle a différents projets d'écriture en chantier, dont un conte pour enfants et un recueil de poésie.

 

◼︎ Kim O'Bomsawin a complété une maîtrise en sociologie avant d'entreprendre sa carrière de cinéaste-documentariste. D'origine abénakise, elle a collaboré au développement et à la réalisation de plusieurs documentaires (séries et unitaires), qui ont été reçus avec succès. Elle a récemment temriné un long-métrage documentaire « Ce silence qui tue » sur les femmes autochtones assassinées et disparues au Canada (Canal D et APTN) et « Du teweikan à l'electro » (Radi-Canada / ARTV / CBC North), qui propose un retour aux sources de la musique des Premières Nations à travers le portrait de trois jeunes artistes. Elle travaille actuellement à la réalisation de plusieurs projets de longs-métrages documentaires, dont un sur la justice autochtone et un autre sur l'enfance.